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La trêve afghano-pakistanaise à l’épreuve des incidents frontaliers

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Alors que Kaboul et Islamabad poursuivent des pourparlers en Turquie pour consolider un cessez-le-feu récent, de nouveaux tirs à la frontière rappellent la volatilité de la situation.

Les délégations afghane et pakistanaise ont engagé ce vendredi un nouveau round de discussions visant à pérenniser l’accord de cessez-le-feu conclu le 19 octobre au Qatar. Cette rencontre intervient dans un contexte tendu, après des échanges de tirs survenus jeudi près du poste-frontière de Spin Boldak. Les autorités afghanes ont fait état de cinq victimes civiles, tandis que le Pakistan affirmait avoir répondu à des tirs initiés depuis le territoire afghan.

Le porte-parole du gouvernement taliban a dénoncé ces incidents survenus en pleine reprise des négociations, assurant que ses forces s’étaient abstenues de toute riposte pour préserver le processus diplomatique. Islamabad a pour sa part maintenu que le cessez-le-feu demeurait en vigueur et réaffirmé son engagement en faveur du dialogue. Sur le terrain, les habitants de Spin Boldak ont fait part de leur inquiétude, appelant les deux parties à épargner les zones civiles.

Ces pourparlers, dont la composition exacte n’a pas été dévoilée, s’inscrivent dans une médiation conjointe assurée par la Turquie et le Qatar. L’objectif affiché est d’établir un mécanisme de suivi capable de garantir le respect des engagements et d’imposer des sanctions en cas de violation. Les précédentes rounds de discussions avaient buté sur des désaccords persistants concernant les questions sécuritaires.

La racine des tensions réside dans des accusations mutuelles de soutien à des groupes armés opérant de part et d’autre de la frontière. Le Pakistan réclame des garanties concrètes concernant la lutte contre les mouvements insurgés, notamment le Tehrik-e-Taliban Pakistan, tandis que Kaboul exige le respect de sa souveraineté territoriale. La dimension régionale complique encore la donne, Islamabad suspectant un rapprochement entre l’Afghanistan et l’Inde.

Le bilan humain récent atteste de la gravité des affrontements. Les Nations unies font état d’une cinquantaine de civils tués en octobre côté afghan, tandis que l’armée pakistanaise a reconnu la perte de vingt-trois soldats. Ces chiffres soulignent l’urgence d’une stabilisation durable, alors que les populations frontalières paient le plus lourd tribut à ces escalades répétées.

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