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La Thaïlande face à l’essor inquiétant des lions domestiques

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Un phénomène en pleine expansion met en péril la sécurité et le bien-être animal, tandis que les autorités peinent à encadrer une pratique légale mais controversée.

Derrière des garages ou dans des cafés spécialisés, des lions vivent désormais aux côtés des Thaïlandais. Ces félins, parfois hybrides, sont élevés comme animaux de compagnie, partagés sur les réseaux sociaux ou proposés aux touristes en quête d’expériences insolites. Si la possession de ces animaux est légale dans le pays, leur nombre a considérablement augmenté ces dernières années, posant des questions de sécurité et de trafic illégal.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Alors qu’on recensait environ 130 lions en captivité en 2018, leur population a plus que triplé depuis, dépassant les 500 individus. Zoos, fermes d’élevage et résidences privées abritent désormais ces animaux, souvent présentés comme dociles et affectueux. Pourtant, les spécialistes alertent sur les risques encourus, tant pour les humains que pour les félins eux-mêmes.

La réglementation thaïlandaise impose aux propriétaires d’enregistrer leurs lions et de les équiper d’une micropuce. Mais les contrôles restent lacunaires, notamment en matière de reproduction et de conditions de détention. Les hybrides, comme les ligres – croisement entre un lion et une tigresse –, échappent à toute réglementation spécifique. Une faille exploitée par certains éleveurs, qui alimentent un marché florissant.

Les réseaux sociaux jouent un rôle clé dans cette tendance. Les vidéos de propriétaires jouant avec leurs lions génèrent des millions de vues, incitant d’autres à se lancer dans l’élevage. Certains cafés proposent même aux visiteurs de caresser des lionceaux, une pratique décriée par les défenseurs des animaux. Ces établissements se séparent souvent des félins une fois qu’ils grandissent, les laissant dans des situations précaires.

Le trafic illégal constitue une autre menace. Des lions disparaissent des radars, probablement vendus à l’étranger ou destinés à des circuits parallèles. Les prix varient, mais un lionceau peut se négocier à plusieurs milliers d’euros. Les autorités, déjà débordées, peinent à suivre, d’autant que la confiscation d’un animal implique des coûts élevés pour son entretien.

Face à cette situation, des voix s’élèvent pour un durcissement de la législation. Certains pays, comme les États-Unis, ont interdit la possession de grands félins. En Thaïlande, la question sera bientôt réexaminée, mais une interdiction totale semble improbable à court terme. Pour l’heure, les lions domestiques continuent de fasciner, au prix d’une cohabitation toujours plus risquée entre l’homme et l’animal.

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