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La Terre franchit sept de ses neuf limites écologiques vitales

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L’acidification des océans vient de rejoindre la liste des seuils planétaires critiques dépassés par les activités humaines, selon une évaluation scientifique majeure rendue publique cette semaine. Ce constat alarmant souligne l’accélération de la dégradation des systèmes naturels essentiels à la stabilité du climat et à la vie sur Terre.

Le cadre des limites planétaires, élaboré en 2009 par la communauté scientifique, établit les conditions nécessaires au maintien d’un environnement stable et résilient, comparable à celui de l’Holocène. À l’époque, trois de ces neuf frontières étaient déjà considérées comme franchies. Les bilans successifs réalisés par l’Institut de recherche sur le climat de Potsdam (PIK) ont depuis enregistré une détérioration constante de la situation.

L’évaluation de cette année confirme que le seuil relatif à l’acidification des océans est désormais dépassé. Ce phénomène, principalement causé par l’absorption par les mers du dioxyde de carbone issu de la combustion des énergies fossiles, modifie la chimie marine à un rythme préoccupant. Les scientifiques estiment que les océans ont absorbé environ 30 % des émissions anthropiques de CO2, entraînant une baisse significative du pH et une dissolution accrue de l’aragonite, un minéral crucial pour la formation des coquillages et des squelettes coralliens.

Outre l’acidification, six autres limites sont jugées compromises. Il s’agit du changement climatique, de l’érosion de la biodiversité, de la transformation des sols, de la perturbation du cycle de l’eau douce, des déséquilibres dans les cycles de l’azote et du phosphore, ainsi que de l’introduction de polluants synthétiques comme les plastiques. Seuls les seuils relatifs à la concentration d’aérosols atmosphériques et à l’appauvrissement de la couche d’ozone ne sont pas encore franchis.

Lors d’une présentation organisée en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies, les experts ont insisté sur l’urgence d’intégrer ces constats scientifiques dans les décisions politiques et économiques. Ils ont appelé à une réorientation fondamentale des priorités, suggérant que tout projet national ou international devrait être évalué à l’aune de son impact sur ces frontières planétaires. Les océans, qui couvrent plus des deux tiers de la surface du globe et abritent la majeure partie de l’eau terrestre, représentent un régulateur climatique indispensable dont la santé se dégrade rapidement.

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