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La Syrie accorde une reconnaissance officielle à la langue et aux droits kurdes

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Dans un geste politique d’une portée historique, le pouvoir de Damas a promulgué un décret officialisant la langue kurde et reconnaissant les droits nationaux de cette communauté, au moment même où les tensions militaires persistent dans le nord du pays.

Le président Ahmad al-Chareh a annoncé, par voie de décret, la reconnaissance des droits nationaux des Kurdes de Syrie, faisant de leur langue une langue officielle et instituant le Nouvel An kurde, le Nowrouz, comme jour férié. Cette décision, présentée comme une première depuis l’indépendance du pays en 1946, intervient dans un contexte de fortes tensions entre l’armée gouvernementale et les forces kurdes qui contrôlent de vastes territoires dans le nord et le nord-est.

Dans un discours télévisé, le chef de l’État a qualifié les Kurdes de « partie intégrante » de la nation, évoquant des décennies de marginalisation sous les régimes précédents. Le texte prévoit également la régularisation de la situation de milliers de Kurdes privés de nationalité à la suite d’un recensement contesté en 1962. Le président a appelé cette communauté à participer à la reconstruction du pays, s’engageant à garantir ses droits.

Cette annonce survient alors que les pourparlers entre Damas et les représentants kurdes, visant à intégrer leurs institutions civiles et militaires dans l’appareil d’État, sont actuellement dans une impasse. Profitant du chaos de la guerre civile, les forces kurdes s’étaient emparées de régions riches en ressources énergétiques après avoir contribué à la défaite du groupe État islamique, avec l’appui d’une coalition internationale.

Sur le terrain, la situation militaire reste tendue. Après des affrontements la semaine dernière à Alep, où les unités kurdes ont été délogées de plusieurs quartiers, l’armée syrienne a massé des renforts dans la région de Deir Hafer, à l’est de la métropole. Elle a sommé les Forces démocratiques syriennes, dominées par les Kurdes, d’évacuer une zone s’étendant jusqu’à l’Euphrate. Le commandant des FDS, Mazloum Abdi, a finalement annoncé le retrait de ses troupes et leur redéploiement à l’est du fleuve, invoquant les appels de « pays amis » et de médiateurs.

Peu avant cette annonce, l’armée syrienne avait procédé à des bombardements sur des positions kurdes, après avoir exhorté les civils à quitter les zones concernées. Plusieurs milliers d’habitants ont fui, selon des sources locales. Des médiateurs de la coalition internationale se sont activés pour apaiser les tensions, rencontrant des responsables kurdes sur place. Les autorités de Damas accusent les FDS de faire obstacle au départ des populations civiles, ce que ces dernières démentent. Elles reprochent également à ces forces de nourrir des velléités sécessionnistes, une accusation vivement rejetée par la direction kurde.

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