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La stagnation de la demande électrique révèle les blocages de la transition énergétique française

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La consommation d’électricité en France marque le pas, un signal inquiétant qui souligne la lenteur du remplacement des énergies fossiles dans l’économie nationale, selon les dernières données du gestionnaire du réseau.

La demande d’électricité sur le territoire métropolitain s’est établie à 451 térawattheures l’an dernier, un niveau quasi identique à celui de 2024. Cette stagnation confirme un écart significatif, d’environ six pour cent, avec les volumes enregistrés avant la pandémie et la crise géopolitique en Ukraine. Plus préoccupant encore, la part de l’électricité dans la consommation finale d’énergie du pays ne progresse pas, demeurant à 27 pour cent, tandis que les combustibles fossiles en représentent toujours près de 60 pour cent.

Cette situation illustre un retard dans l’électrification de pans entiers de l’économie, un processus pourtant essentiel pour respecter les engagements climatiques de la France. Les secteurs des transports, du bâtiment et de l’industrie, encore largement dépendants du pétrole et du gaz, peinent à opérer leur mutation vers les véhicules électriques, les pompes à chaleur ou les procédés industriels décarbonés. Le gouvernement a annoncé la présentation prochaine d’un plan destiné à accélérer cette transition.

Ce constat intervient dans un contexte paradoxal de production électrique abondante et décarbonée. La production nationale a en effet augmenté de 1,5 pour cent en 2025, pour atteindre 547,5 TWh, dépassant son niveau d’avant-crise. Cette performance repose sur le regain de disponibilité du parc nucléaire et la croissance soutenue des énergies solaire et éolienne. Résultat, le mix électrique français a atteint un taux record de 95,2 pour cent d’énergie bas-carbone, reléguant la production d’origine fossile à son plus bas niveau depuis des décennies.

Cette abondance d’électricité peu émettrice place théoriquement la France dans une position avantageuse pour réduire son empreinte carbone globale, déjà l’une des plus faibles d’Europe. Le pays renforce par ailleurs son rôle de fournisseur majeur sur le continent, avec des exportations nettes ayant atteint un niveau record, équivalant à la consommation annuelle d’un pays comme la Belgique. La compétitivité de son système se reflète également dans des prix de gros sensiblement inférieurs à ceux de plusieurs de ses voisins européens.

L’enjeu désormais consiste à tirer parti de cette électricité disponible et compétitive pour décarboner les usages finaux. La stabilisation de la consommation, après plusieurs années de baisse, pourrait marquer un point d’inflexion. La capacité à orienter cette demande potentielle vers le remplacement direct des énergies fossiles constituera un test décisif pour la réussite de la transition énergétique française.

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