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La Seine, oasis urbain face à la canicule parisienne

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Alors que le thermomètre s’affole, les Parisiens et visiteurs se pressent pour une baignade inédite dans le fleuve, transformé en lieu de fraîcheur estivale.

Ce mardi matin, dès l’aube, une file d’attente s’est formée devant le bras Marie, l’un des trois sites aménagés pour la baignade en plein cœur de la capitale. Parmi les premiers arrivés, Ghislaine, 66 ans, habituée des plages méditerranéennes, a sauté sur l’occasion. « Éviter les piscines bondées et profiter d’une eau naturelle, c’est une chance », confie-t-elle, maillot fleuri aux couleurs de l’été. Autour d’elle, près de 150 baigneurs s’ébattent dans un bassin aux reflets verdâtres, équipés de flotteurs jaunes réglementaires.

L’initiative, lancée début juillet après un siècle d’interdiction, rencontre un succès inattendu. Plus de 52 000 personnes ont déjà goûté à ces eaux à 24 degrés, selon les derniers relevés municipaux. Alain, un habitant de Massy, venu spécialement en RER, souligne le caractère exceptionnel de l’expérience. « Nager entre péniches avec la tour Eiffel en ligne de mire, c’est tout sauf banal », remarque ce sexagénaire en essorant sa serviette.

Les trois sites – Bercy, Grenelle et le bras Marie – peinent parfois à absorber l’afflux. À quai de Grenelle, l’attente peut dépasser quatre-vingt-dix minutes. « On dirait une station balnéaire miniature », s’amuse Romain, décorateur parisien, tandis que sa fille de 12 ans trépigne d’impatience. Certains visiteurs, déçus par les fermetures anticipées, se rabattent vers les piscines municipales, moins pittoresques mais plus accessibles.

Cette reconquête du fleuve s’inscrit dans une stratégie plus large d’adaptation au réchauffement climatique. Les autorités anticipent déjà une fréquentation accrue lors des futures vagues de chaleur. « L’engouement dépasse nos prévisions », reconnaît une responsable municipale, tandis que des agents régulent les entrées sous les regards parfois dépités des retardataires. Entre parenthèse estivale et innovation urbaine, la Seine écrit une nouvelle page de son histoire, où les éclaboussures ont remplacé les interdits.

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