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La Russie face à la crise démographique, les femmes sans enfants sommées de consulter

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Face à un taux de natalité historiquement bas, les autorités russes instaurent une nouvelle mesure controversée. Des femmes sans enfant sont désormais incitées à suivre des consultations psychologiques pour favoriser une « attitude positive » envers la maternité.

Le gouvernement russe intensifie sa réponse à un déclin démographique persistant. Après une série de mesures incitatives et restrictives, une nouvelle directive du ministère de la Santé préconise désormais que les femmes en âge de procréer, et ne souhaitant pas d’enfant, soient orientées vers un psychologue. Cette orientation intervient dans le cadre du bilan annuel de santé reproductive. L’objectif affiché est de travailler à l’adoption d’un regard plus favorable sur la maternité.

Cette recommandation s’inscrit dans un contexte où l’indice de fécondité russe, établi à environ 1,4 enfant par femme, atteint son point le plus bas depuis deux siècles. Il se situe bien en deçà du seuil de renouvellement des générations. Le pouvoir politique, qui évoque régulièrement les risques de dépopulation, défend une vision traditionnelle de la famille et multiplie les initiatives pour inverser la tendance. Le durcissement récent de la législation sur l’interruption volontaire de grossesse et les sanctions contre ce qui est qualifié de « propagande » de la non-maternité en sont des illustrations.

Sur le terrain, cette approche suscite de vives critiques parmi une partie de la population féminine. Plusieurs femmes interrogées estiment que la priorité devrait être de créer des conditions sociales et économiques propices à la parentalité, plutôt que d’exercer une pression psychologique. Elles citent notamment l’inflation, la difficulté d’accès au logement, l’insécurité financière et, pour certaines, un contexte géopolitique anxiogène. D’autres pointent des facteurs sociétaux, comme la répartition inégale des charges familiales au sein des couples.

Des voix s’élèvent également pour dénoncer un possible stigma à l’encontre des femmes sans enfant, qu’elles le soient par choix ou pour des raisons médicales. Certaines redoutent que cette mesure ne contribue à les marginaliser. À l’inverse, certains hommes se montrent moins critiques, considérant parfois cette approche comme légitime face à l’urgence démographique.

Le débat dépasse ainsi la simple question des incitations financières pour toucher aux libertés individuelles et aux choix de vie. Alors que le pays traverse une période complexe sur les plans économique et international, la question de la natalité cristallise des tensions entre les impératifs étatiques et les aspirations personnelles d’une partie des citoyennes.

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