Économie
La relève fromagère des Alpes, un pari à 1,2 million d’euros
Dans les montagnes de Haute-Savoie, une jeune génération d’éleveurs se bat pour perpétuer une tradition ancestrale, malgré un parcours semé d’embûches financières et administratives.
La traite du matin vient de s’achever dans l’étable. Manon et François, tous deux âgés de vingt-cinq ans, s’accordent une courte pause. Soixante-dix reblochons fraîchement moulés attestent du labeur de la nuit. Dans quelques mois, le couple quittera la ferme qu’il occupe en location pour s’établir définitivement sur les terres qu’il a acquises au cœur des alpages. Leur projet, mûri de longue date, est sur le point d’aboutir.
Pourtant, ni l’un ni l’autre ne se destinait initialement à cette vie. Manon, ayant vu son père renoncer à l’élevage porcin par manque de revenus, s’en était éloignée. C’est au cours de ses études qu’elle a rencontré François, dont le père, agriculteur, est décédé alors qu’il était enfant. C’est auprès de ses oncles éleveurs que ce dernier a découvert le métier et la passion du reblochon. Ensemble, ils ont choisi de reprendre l’exploitation familiale de l’un d’eux, les bâtiments paternels étant trop vétustes pour être réhabilités.
Leur installation, bien qu’évidente à leurs yeux, a nécessité plusieurs années d’efforts, menés de front avec l’arrivée de leur premier enfant. Le projet initial, ambitieux, prévoyait le rachat de deux bâtiments, l’un pour l’hiver, l’autre pour l’estive. Face à l’insuffisance de leur capacité d’emprunt, ils ont dû revoir leurs ambitions à la baisse. Ils ont finalement opté pour l’acquisition et la modernisation du seul chalet d’alpage, où ils vivront désormais à l’année, malgré des conditions hivernales rigoureuses.
Le montant total de l’investissement s’élève à 1,2 million d’euros, un chiffre qui englobe l’habitation, les bâtiments agricoles, le cheptel et le matériel nécessaire. Un engagement financier colossal pour un couple si jeune, qui avoue avoir été saisi par l’ampleur de la tâche. Leurs revenus actuels, après remboursement des prêts, restent modestes au regard d’un emploi du temps qui ne connaît pas de répit.
Leur parcours illustre les difficultés du renouvellement des générations dans ce territoire soumis à une forte pression touristique et immobilière. À La Clusaz, la dernière installation agricole remonte à une décennie. Sur la table de Manon s’empilent les dossiers administratifs, preuve tangible des démarches complexes pour obtenir les autorisations et les aides publiques, dont la précieuse dotation jeunes agriculteurs.
Les obstacles se sont enchaînés. Une inspection sanitaire a imposé des travaux de mise aux normes dans la fromagerie et l’étable, dont l’aménagement datait des années 1970. Une photographie ancienne de la grand-mère de François, au milieu des fromages sans équipement particulier, rappelle combien les exigences réglementaires ont évolué. Les travaux, conditionnés à l’obtention de subventions, devraient débuter à l’automne.
L’été dernier, l’épizootie de dermatose nodulaire est venue menacer leur cheptel à quelques kilomètres seulement. La mobilisation rapide de la communauté d’éleveurs pour vacciner les bêtes de la commune les a rassurés, tout en soulignant la vulnérabilité de leur activité. Une autre préoccupation émerge désormais avec l’organisation des Jeux olympiques d’hiver de 2030, dont les travaux pourraient temporairement limiter l’accès à leurs pâturages.
Une fois les fromages du soir moulés, Manon endosse ses responsabilités syndicales. Elle anime le groupe d’installation des Jeunes Agriculteurs du département. Son expérience, jalonnée de complexités, l’a convaincue de l’importance de l’entraide pour faciliter le parcours de ceux qui, comme eux, choisissent de s’ancrer dans ce paysage et d’en perpétuer les savoir-faire.
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