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Économie

La politique agricole commune à la croisée des chemins

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Alors que sa renégociation s’engage, la PAC, pilier historique de l’Union européenne, doit concilier soutien aux revenus, ambitions environnementales et souveraineté alimentaire, dans un contexte de profondes divergences entre États membres.

Née avec le traité de Rome en 1957, la politique agricole commune a été conçue pour moderniser l’agriculture européenne et garantir l’autosuffisance alimentaire du continent. Son système, fondé sur des prix garantis et une protection aux frontières, a longtemps structuré le secteur. Les réformes successives, notamment à partir des années 1990, ont progressivement intégré des préoccupations écologiques tout en maintenant un soutien direct aux exploitants.

Aujourd’hui, ces aides constituent une part substantielle du revenu des agriculteurs. En moyenne, près de la moitié du revenu agricole dans l’Union européenne provient des subventions de la PAC, avec des variations notables selon les pays et les filières. La France, premier bénéficiaire en volume, en dépend fortement pour ses productions céréalières et d’élevage.

L’équilibre de la politique est toutefois remis en question. Les injonctions à verdir les pratiques, accrues avec le Pacte vert européen, se heurtent aux réalités économiques des exploitations et à une complexité administrative souvent décriée. Les crises récentes, de la pandémie à la guerre en Ukraine, ont par ailleurs remis la question de la souveraineté alimentaire au premier plan des débats.

La renégociation en cours s’annonce particulièrement délicate. La Commission européenne propose d’accroître la marge de manœuvre des États membres dans la mise en œuvre des aides, au risque de fragmenter le cadre commun. Cette orientation vers une forme de « subsidiarité » accrue suscite des clivages nets entre les pays partisans d’une approche plus libérale et ceux, comme la France, qui défendent un socle commun solide. Les craintes portent également sur une possible réduction du budget et sur l’émergence de distorsions de concurrence.

L’enjeu fondamental réside désormais dans la capacité de l’Union à définir une politique qui puisse simultanément assurer un revenu décent aux agriculteurs, répondre aux défis environnementaux et maintenir la cohésion du marché intérieur, dans un contexte budgétaire contraint.

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