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La Lituanie se mobilise pour protéger les phoques de la Baltique

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Une opération de sauvetage inédite permet à neuf phoques gris de retrouver leur milieu naturel, malgré les défis environnementaux qui persistent.

Au large de Klaipeda, en Lituanie, neuf phoques gris ont récemment été remis en liberté dans les eaux de la mer Baltique. Cette initiative s’inscrit dans un programme de réhabilitation destiné à préserver une espèce fragilisée par les bouleversements climatiques, la pollution et la raréfaction des ressources halieutiques.

Les jeunes mammifères marins ont été élevés dans un centre spécialisé, où ils ont bénéficié de soins attentifs avant leur réintroduction. Dans la nature, seuls 5 % des nouveau-nés survivent, un chiffre alarmant qui s’explique notamment par la disparition progressive de la banquise. Privés de ces zones refuge, les phoques sont contraints de se reproduire sur la terre ferme, ce qui accroît leur vulnérabilité face aux prédateurs, aux maladies et aux interactions humaines.

L’histoire de ce sauvetage remonte aux années 1980, lorsque la population de phoques gris en Baltique avait chuté à quelques milliers d’individus, contre 100 000 avant la Seconde Guerre mondiale. La chasse intensive, la surpêche et l’usage de pesticides toxiques avaient alors menacé leur survie. Bien que leur nombre se soit aujourd’hui stabilisé autour de 50 000 à 60 000 spécimens, les défis restent nombreux.

Les filets de pêche représentent l’une des principales menaces pour les adultes, tandis que le déclin des stocks de morue, leur proie principale, compromet leur alimentation. Malgré l’interdiction de la pêche commerciale dans l’est de la Baltique, la reconstitution des ressources marines tarde à se concrétiser.

Les phoques relâchés sont équipés de traceurs pour suivre leur adaptation. Lors des précédentes opérations, la majorité a rejoint des zones plus poissonneuses, comme l’île suédoise de Gotland. Certains, désorientés, ont d’abord cherché à suivre les bateaux avant de s’aventurer seuls.

Cette mission marque aussi un tournant pour les scientifiques engagés depuis des décennies dans cette lutte. Alors que la population de phoques montre des signes de résilience, leur avenir demeure incertain face aux pressions environnementales persistantes.

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