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La justice colombienne innocente l’ancien président Uribe dans une affaire de pression sur des témoins

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Le tribunal de Bogota a annulé la condamnation de l’ancien chef de l’État pour défaut de preuves, une décision qui relance les ambitions politiques de la droite avant l’échéance présidentielle de 2026.

La cour d’appel de Bogota a infirmé ce mardi la condamnation prononcée en première instance à l’encontre de l’ancien président Alvaro Uribe, âgé de 73 ans. Les juges ont estimé que les éléments retenus contre lui, concernant des accusations de subornation de témoins et de fraude procédurale, ne reposaient pas sur des preuves suffisantes. L’ancien dirigeant, qui avait écopé en août d’une peine de douze ans d’assignation à résidence, retrouve ainsi sa pleine liberté.

Le magistrat a notamment invalidé les enregistrements sonores présentés comme pièces à conviction, tout en pointant des irrégularités dans la méthodologie employée par la juridiction de première instance. Après avoir purgé une vingtaine de jours en détention à domicile, M. Uribe avait recouvré la liberté dans l’attente de l’appel, conformément à une décision de justice antérieure. Il a suivi les débats par visioconférence.

Cette affaire trouve son origine dans des allégations formulées en 2018 par le sénateur de gauche Ivan Cepeda, qui accusait l’ancien président d’avoir tenté d’influencer des témoins afin de dissimuler ses relations supposées avec des groupes paramilitaires. Un ancien membre de ces milices, Juan Guillermo Monsalve, avait affirmé qu’un avocat proche de M. Uribe avait cherché à le corrompre. Ce dernier a d’ailleurs été condamné à sept ans de prison à domicile pour corruption dans la même affaire.

La décision de la cour intervient dans un contexte politique particulièrement sensible. Alvaro Uribe, président de 2002 à 2010, demeure une figure incontournable de la droite colombienne, laquelle se trouve dans l’opposition depuis l’accession au pouvoir de Gustavo Petro en 2022. L’acquittement pourrait redynamiser les soutiens de l’ancien chef de l’État en vue de la prochaine élection présidentielle. Certains de ses proches n’excluent pas une candidature au Sénat ou même à la vice-présidence.

Le président Petro a vivement réagi sur les réseaux sociaux, dénonçant une dissimulation de ce qu’il qualifie d’alliances historiques entre certains responsables politiques et le narcotrafic. Il a également mis en cause l’ancien président américain Donald Trump, l’accusant de soutenir des forces politiques colombiennes hostiles à son gouvernement. De son côté, M. Uribe a toujours réfuté toute implication avec les paramilitaires, dénonçant une persécution politique.

L’ancien président reste populaire pour sa politique de fermeté contre les guérillas durant ses mandats, même si cette période a également été marquée par de graves violations des droits de l’homme, dont des exécutions extrajudiciaires commises par l’armée. Plusieurs autres enquêtes le concernant, portant notamment sur des financements paramilitaires et des homicides, demeurent en cours devant le parquet colombien. Le sénateur Cepeda a d’ores et déjà annoncé son intention de se pourvoir en cassation devant la Cour suprême.

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