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La jeunesse népalaise se presse pour des contrats policiers temporaires

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Face à un chômage endémique, des dizaines de milliers de candidats, essentiellement des jeunes, affluent devant les commissariats pour postuler à des missions de sécurisation du prochain scrutin législatif.

Devant les postes de police à travers tout le pays, des files d’attente interminables se sont formées ces derniers jours. Des milliers de personnes, en majorité des jeunes adultes, tentent de saisir l’opportunité d’un emploi, même éphémère, proposé par les forces de l’ordre. L’institution cherche à pourvoir près de cent cinquante mille postes temporaires en vue des élections générales anticipées du mois de mars. Ces agents auront pour mission d’encadrer le bon déroulement du vote.

L’appel à candidatures, ouvert la semaine dernière, a rencontré un engouement massif, illustrant les difficultés économiques persistantes. En seulement deux jours, plus de vingt-sept mille demandes ont été enregistrées. Devant le principal commissariat de Katmandou, la foule s’étirait sur plusieurs centaines de mètres dimanche dernier. Pour quarante jours de service, la rémunération promise est d’environ deux cent quatre-vingts dollars, une somme significative dans un contexte de précarité.

Cette ruée met en lumière la situation critique du marché de l’emploi, particulièrement pour les nouvelles générations. Selon les estimations, plus d’un quart des Népalais âgés de quinze à vingt-quatre ans seraient sans activité professionnelle. Le pays compte sur les transferts de fonds de ses travailleurs expatriés, dont les envois représentent une part substantielle de la richesse nationale. Beaucoup sont contraints de chercher du travail à l’étranger, notamment dans les États du Golfe.

Le scrutin de mars fait suite à une période de fortes tensions politiques et sociales. Des manifestations importantes avaient éclaté en septembre dernier, conduisant à la démission du gouvernement. Ces événements, marqués par une répression sévère et d’importants dégâts matériels, ont également accentué les difficultés économiques, avec des milliers d’emplois supprimés dans leur sillage. Pour de nombreux candidats, comme cette jeune femme de vingt ans ayant participé aux mobilisations de septembre, cette offre représente avant tout un moyen de subsistance immédiat. Un autre postulant, ancien cuisinier dans l’hôtellerie aujourd’hui sans emploi, résume une attente commune, celle d’une rémunération pour un travail, quelle qu’en soit la nature.

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