Monde
La Havane mise sur la « bolita » : la loterie clandestine qui défie la crise
Dans un Cuba exsangue, les paris illégaux deviennent l’échappatoire économique de milliers d’habitants, malgré les risques.
Chaque matin, des dizaines de « correurs » arpentent les ruelles de La Havane pour collecter les mises des joueurs. La « bolita », loterie souterraine interdite depuis 1959, connaît un essor sans précédent face à l’effondrement économique de l’île. Avec des salaires moyens inférieurs à 50 dollars mensuels, les Cubains se ruent sur ce jeu de hasard, espérant transformer quelques pesos en une fortune improbable.
Le système, rodé depuis des décennies, s’appuie sur une hiérarchie invisible : des rabatteurs recueillent les paris, des collecteurs centralisent les sommes, et des « banquiers » redistribuent les gains. Les résultats s’inspirent des tirages officiels de loteries américaines, diffusés via des applications ou des réseaux sociaux. Une organisation fluide, rendue plus efficace depuis l’arrivée d’internet mobile en 2018.
Pour beaucoup, la « bolita » n’est pas qu’un jeu, mais une survivance culturelle. Les numéros sont choisis selon des rêves, des coïncidences, ou des symboles politiques – le chiffre 1 évoquait autrefois Fidel Castro. Certains y voient une addiction dangereuse, d’autres une bouée de sauvetage. « Un bon tirage peut effacer des mois de misère », confie un habitué, tandis qu’un autre avoue s’être endetté pour continuer à jouer.
L’histoire de cette pratique remonte au XIXe siècle, mêlant influences chinoises et italiennes. Avant la révolution, La Havane était le paradis des casinos, contrôlés par la mafia américaine. Leur fermeture brutale en 1959 a poussé les paris dans la clandestinité. Aujourd’hui, malgré des peines allant jusqu’à trois ans de prison, la « bolita » prospère, symptôme d’un pays où l’espoir se monnaie au gré des numéros gagnants.
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