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La Guinée aux urnes pour une réforme constitutionnelle controversée

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Les électeurs se prononcent sur un texte qui ouvrirait la voie au maintien au pouvoir du chef de la junte, tandis que l’opposition dénonce un scrutin verrouillé et appelle au boycott.

Les bureaux de vote ont ouvert dimanche en Guinée pour un référendum constitutionnel présenté par les autorités comme une étape vers la fin de la transition. Ce scrutin intervient quatre ans après la prise du pouvoir par le colonel Mamadi Doumbouya, qui avait renversé le président Alpha Condé. Le projet de loi fondamentale, s’il est adopté, remplacerait la charte de transition qui interdisait aux membres de la junte de se présenter à une élection présidentielle.

Dès l’ouverture des bureaux, des files d’attente se sont formées dans certains quartiers de Conakry, notamment dans le centre-ville où de nombreux jeunes électeurs se sont exprimés. Les autorités ont déployé un important dispositif sécuritaire avec quarante-cinq mille hommes des forces de défense et de sécurité, appuyés par des véhicules blindés et des hélicoptères. Les principaux axes de la capitale étaient soumis à des contrôles systématiques.

L’opposition guinéenne, pour sa part, a boycotté le processus qu’elle qualifie de mascarade aux résultats préétablis. Les partis politiques dissidents dénoncent une manœuvre du pouvoir militaire pour se pérenniser à la tête du pays. La campagne pour le non a été réduite à sa plus simple expression, les manifestations étant interdites depuis 2022 et plusieurs formations politiques suspendues. Seuls des messages sur les réseaux sociaux, souvent émanant de personnalités en exil, ont tenté de contrer la propagande officielle.

Le nouveau texte constitutionnel introduit des conditions d’éligibilité qui excluraient de facto les principaux opposants historiques. L’exigence d’une résidence principale en Guinée et la limitation d’âge empêcheraient toute candidature de l’ancien président Alpha Condé, âgé de quatre-vingt-sept ans et réfugié à Istanbul, ainsi que de l’ex-premier ministre Cellou Dalein Diallo, en exil entre Dakar et Abidjan.

La communauté internationale observe avec attention ce scrutin qui déterminera l’avenir institutionnel de ce pays d’Afrique de l’Ouest. La Guinée reste suspendue de l’Union africaine et de la Cédéao depuis le coup d’État de 2021. Les résultats du référendum sont attendus dans les prochains jours.

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