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La Génération Z redessine la carte des mobilisations mondiales

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Une lame de fond juvénile a secoué plusieurs continents en 2025, renversant deux gouvernements et imposant une nouvelle grammaire protestataire, entre symboles populaires et coordination numérique.

Portée par une jeunesse hyperconnectée, la mouvance désignée sous l’appellation Génération Z a manifesté son mécontentement du Népal au Pérou, en passant par Madagascar et le Maroc. Ces mobilisations, bien que déclenchées par des griefs locaux – précarité économique, accès aux services essentiels ou défiance envers les institutions –, ont rapidement adopté une dimension transnationale. Leur particularité réside dans l’usage massif des réseaux sociaux pour organiser les rassemblements en temps réel, mais aussi dans l’adoption d’un emblème commun, le pavillon au crâne coiffé d’un chapeau de paille issu du manga One Piece, devenu symbole d’une quête de justice et de liberté.

Si l’étiquette Génération Z était jusqu’alors employée pour qualifier une tranche d’âge souvent perçue comme apolitique, elle désigne désormais des mouvements protestataires structurés autour d’une génération unie par des aspirations communes. Leurs revendications, bien qu’ancrées dans des réalités nationales distinctes, expriment un rejet partagé des systèmes politiques verrouillés et des inégalités socioéconomiques. Des plateformes comme Discord, TikTok ou Instagram ont servi de caisse de résonance, permettant une diffusion rapide des appels à manifester et un élargissement des bases militantes au-delà des seuls jeunes.

L’impact de ces mobilisations demeure contrasté. À Madagascar, le départ du président n’a pas empêché l’armée de reprendre les rênes du pouvoir, perpétuant un système rejeté par les manifestants. Au Népal en revanche, le mouvement a conduit à la désignation d’une Première ministre intérimaire issue de la société civile, ainsi qu’à la mise en place d’une commission chargée d’enquêter sur les violences lors des manifestations. Au Maroc, certaines avancées ont été obtenues, notamment dans le domaine sanitaire, sans toutefois répondre pleinement aux attentes exprimées.

La nature horizontale et décentralisée de ces mouvements, dépourvus de leadership affirmé, a constitué à la fois une force et une limite. Elle a favorisé une adhésion spontanée, mais compliqué la formulation d’un projet politique structuré au-delà des revendications initiales. Par ailleurs, la répression, parfois violente, a contribué à freiner l’élan protestataire dans plusieurs pays. Malgré tout, certains noyaux militants poursuivent leur action, notamment en vue des échéances électorales, en misant sur la sensibilisation citoyenne et la mobilisation en ligne. L’avenir dira si cette dynamique parvient à infléchir durablement les équilibres politiques en place.

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