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Économie

La France face à un nouveau choc pétrolier mondial

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Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a alerté les députés sur les conséquences économiques du conflit au Moyen-Orient, évoquant un phénomène structurel dont les effets pourraient s’étendre bien au-delà du secteur énergétique.

Le gouvernement français anticipe un impact significatif de la crise géopolitique sur l’activité économique nationale. Devant la commission des Finances de l’Assemblée nationale, le ministre a estimé que la perturbation des approvisionnements en hydrocarbures, représentant près d’un cinquième des volumes mondiaux de pétrole et de gaz naturel liquéfié, constituait un choc majeur. Selon ses déclarations, la perspective d’une résolution rapide des tensions, avec des effets économiques limités, semble désormais écartée.

La persistance de cette situation pourrait, selon le ministre, engendrer des répercussions systémiques sur l’ensemble de l’économie. La diffusion du choc dépendrait principalement de la durée et de l’intensité du conflit. Une analyse préliminaire présentée par Bercy évalue qu’une augmentation durable de dix dollars du baril de pétrole se traduirait par un ralentissement de la croissance française de l’ordre de 0,1 point et une hausse supplémentaire de l’inflation de 0,3 point. Un scénario où le cours se stabiliserait autour de cent dollars aurait un effet plus prononcé, pesant sur la croissance à hauteur de 0,3 à 0,4 point et ajoutant environ un point à l’inflation.

Roland Lescure a toutefois souligné que le contexte actuel différait des chocs pétroliers historiques. La France bénéficierait d’une exposition moindre et d’une meilleure préparation, notamment grâce à son parc de production électrique d’origine nucléaire, la rendant moins dépendante du gaz naturel que certains de ses partenaires européens. Le ministre a indiqué que le pays abordait cette période avec des fondamentaux solides, laissant entrevoir la possibilité d’en sortir sans dommages excessifs, à condition que la crise ne se prolonge pas indûment.

Interpellé sur la tension liée aux prix à la pompe et sur la fiscalité des carburants, le ministre a réaffirmé que l’État ne tirerait pas profit de la situation. Il a précisé qu’un choc pétrolier affectait négativement les finances publiques, en raison d’une croissance ralentie qui pèse sur les recettes et d’une probable augmentation de certaines dépenses sociales. Concernant les marges des distributeurs, des contrôurs ont été menés, révélant des écarts dans une minorité de cas.

En matière budgétaire, le gouvernement a annoncé la création prochaine d’un observatoire dédié à l’évaluation de l’impact de la crise sur les finances publiques. Roland Lescure a jugé prématuré d’envisager une révision du budget de l’État avant la tenue d’un comité d’alerte prévu pour la troisième semaine d’avril.

1 Commentaire

1 Commentaire

  1. Relecteur

    24 mars 2026 at 22 h 58 min

    Coquille de la rédaction :

    Concernant les marges des distributeurs, des contrôurs ont été menés, révélant des écarts dans une minorité de cas.

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