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La France face à l’invasion silencieuse de la fourmi électrique

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_**Malgré son apparence minuscule, Wasmannia auropunctata représente une menace majeure pour la biodiversité et la santé publique. Son éradication, jugée urgente par les scientifiques, se heurte à des contraintes financières et réglementaires.**_

Identifiée pour la première fois sur le territoire métropolitain en 2022, cette espèce invasive originaire d’Amérique du Sud a établi deux foyers dans le Var, à Toulon et à La Croix-Valmer. Classée parmi les cent espèces exotiques les plus nuisibles au niveau mondial, elle se distingue par sa capacité à dévaster les populations d’insectes locaux et à s’attaquer aux vertébrés, pouvant provoquer chez l’homme des réactions allergiques sévères. Son expansion menace directement l’équilibre des écosystèmes méditerranéens.

Les autorités scientifiques alertent sur l’urgence d’une intervention rapide. Les colonies déjà implantées, issues d’une souche israélienne particulièrement résistante, pourraient essaimer vers de nouveaux espaces naturels si rien n’est fait pour les contenir. Les dommages économiques potentiels, à l’image des centaines de millions de dollars de pertes enregistrées au Texas, sont considérables. La stratégie d’éradication nécessite un engagement sur plusieurs années et l’emploi de produits spécifiques, actuellement soumis à des procédures dérogatoires complexes.

Pourtant, la réponse opérationnelle tarde à se concrétiser, freinée par des lourdeurs administratives et un contexte budgétaire contraint. Si des fonds publics ont été partiellement débloqués pour la cartographie des zones infestées, les moyens alloués restent insuffisants pour financer un traitement complet. Les chercheurs, qui ont testé un appât australien avec des résultats mitigés, estiment que seule une méthode de saupoudrage direct, appliquée de manière coordonnée sur les deux foyers, pourrait être efficace.

Le risque d’une dissémination incontrôlée est accentué par le mode de propagation de l’insecte, souvent transporté involontairement avec des plantes en pot ou des déchets végétaux. Les spécialistes plaident pour une mobilisation accrue et un financement pérenne, potentiellement européen, afin d’éviter que cette espèce ne s’installe durablement sur le territoire, avec des conséquences écologiques et sanitaires irréversibles. Le temps presse, la période d’hivernation de la fourmi électrique touchant à sa fin.

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