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Économie

La FNSEA trace son cap à Caen face aux défis agricoles

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Le principal syndicat agricole français entame son congrès triennal dans un contexte de tensions économiques et de recomposition du paysage syndical. L’occasion pour l’organisation de définir sa feuille de route stratégique et de réaffirmer son rôle d’interlocuteur privilégié des pouvoirs publics.

Réunie à Caen jusqu’à jeudi, la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) procède au renouvellement de ses instances dirigeantes et à l’adoption de ses orientations pour les années à venir. Ce congrès intervient dans une période marquée par l’impact économique du conflit au Moyen-Orient sur les coûts de production et par une concurrence syndicale accrue au sein du monde agricole.

Arnaud Rousseau, président sortant et dirigeant du groupe Avril, est le seul candidat en lice pour sa propre succession. Son élection, prévue le 16 avril, ne fait guère de doute. L’assemblée doit également désigner mercredi son nouveau conseil d’administration, composé de soixante-huit membres représentant les différentes filières et territoires.

Un des temps forts de ces assises sera le vote d’un rapport d’orientation destiné à servir de référence pour le débat public, notamment en vue de la prochaine élection présidentielle. Ce document vise à proposer une vision stratégique pour contrer ce que le syndicat qualifie de déclin du secteur agricole français. Il défend une souveraineté alimentaire fondée sur la capacité productive et la compétitivité des exploitations au sein du marché européen.

L’organisation, qui revendique plus de deux cent mille adhérents, entend conserver son statut de force prescriptrice auprès des autorités. Elle se présente comme un lobby actif, fournissant propositions et amendements aux élus. Récemment, elle a obtenu une audience à Matignon pour réclamer des mesures de soutien face à la hausse des prix du carburant et des intrants, jugeant insuffisante l’aide annoncée par le gouvernement.

Ce congrès se tient alors que la domination traditionnelle de la FNSEA est contestée par d’autres mouvements, comme la Coordination rurale, qui a su capitaliser sur un discours plus frontal et des actions spectaculaires. Face à cette concurrence, le syndicat historique cherche à incarner une voie médiane, entre radicalité et anticapitalisme, tout en défendant des positions qui lui sont propres, à l’image de son soutien à la politique sanitaire gouvernementale concernant l’épidémie de dermatose bovine.

La présence annoncée de la ministre de l’Agriculture en clôture des travaux jeudi, une marque de considération réservée à la seule FNSEA, ne manquera pas de raviver les critiques récurrentes concernant une prétendue cogestion entre le syndicat et l’État. Cette rencontre symbolisera la relation étroite que l’organisation entretient avec les institutions, relation qu’elle considère comme un levier essentiel pour défendre ses propositions, dont plusieurs ont été intégrées dans la récente loi d’urgence agricole.

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