Après un recul électoral et des tensions persistantes, le syndicat agricole entend remobiliser ses troupes autour des enjeux clés de la souveraineté alimentaire.
La Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) tient son congrès annuel à Grenoble du mardi au jeudi. Cet événement marque un temps de réflexion après les élections professionnelles de janvier, où l’organisation a perdu sa majorité absolue, tout en restant la première force syndicale avec 46,7 % des voix. Malgré ce recul, l’alliance FNSEA-Jeunes Agriculteurs conserve la présidence de 83 chambres départementales sur 101.
Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, a souligné que les défis restent nombreux. Malgré les engagements du gouvernement et les mesures fiscales récentes, il estime que des chantiers essentiels demeurent en suspens. Parmi eux figurent la gestion de l’eau, l’accès aux produits phytosanitaires, la rémunération des exploitants ou encore la simplification administrative. Le syndicat prévoit d’ailleurs des ajustements financiers, avec une baisse anticipée des subventions publiques pouvant atteindre 900 000 euros par an.
Le choix de Grenoble comme ville hôte symbolise la diversité des filières agricoles françaises, entre plaines et montagnes, arboriculture et élevage. Après une année marquée par les tensions et un Salon de l’Agriculture plus apaisé en 2025, la FNSEA entend maintenir la pression pour défendre ses priorités. Dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron, Arnaud Rousseau a réaffirmé la nécessité d’une « autonomie stratégique alimentaire », reposant sur trois piliers. Le premier concerne le maintien d’un budget ambitieux pour la Politique agricole commune (PAC), face aux menaces commerciales extérieures. Le second vise à renforcer les normes européennes pour éviter les importations ne respectant pas les standards locaux. Enfin, le troisième porte sur la sécurisation des moyens de production, notamment l’accès à l’eau.
Le congrès sera également l’occasion d’évoquer la loi d’orientation agricole, partiellement censurée par le Conseil constitutionnel. Si la FNSEA salue la préservation des « fondamentaux », elle appelle à accélérer les mesures de simplification. Les débats s’achèveront jeudi par une table ronde avec le géopolitologue Pascal Boniface et le sociologue Jean Viard, suivie du discours traditionnel de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard. Un moment symbolique, réservé exclusivement à ce syndicat.