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La fin d’une emprise familiale à Orange

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Le tribunal correctionnel de Marseille a prononcé une peine d’inéligibilité immédiate contre le maire Yann Bompard et la députée Marie-France Lorho, mettant un terme à trois décennies de mainmise des Bompard sur la ville.

La justice a mis un point final à une longue présence politique dans le Vaucluse. Yann Bompard, maire d’Orange depuis 2021, a été condamné à cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire pour avoir occupé un emploi fictif de collaborateur parlementaire. Cette décision le contraint à quitter sans délai ses fonctions de maire et de conseiller départemental. Il avait pris la succession de son père, Jacques Bompard, qui dirigeait la commune depuis 1995 avant d’être lui-même sanctionné pour prise illégale d’intérêts.

La députée Marie-France Lorho, qui avait employé Yann Bompard, écope de la même peine d’inéligibilité immédiate. Le tribunal a retenu qu’elle avait maintenu ce contrat de travail alors que l’élu, après son accession à la mairie, ne remplissait plus ses obligations. Les magistrats ont considéré que la persistance de cette situation pendant plus d’une année constituait une faute grave. Ils ont également jugé sévèrement les explications de l’élue, qui avait évoqué des craintes concernant les réactions de la famille Bompard, y voyant un facteur aggravant.

Outre cette interdiction d’exercer un mandat électif, les deux prévenus ont été condamnés à dix-huit mois d’emprisonnement avec sursis. La présidente du tribunal a justifié l’application immédiate de la peine en estimant qu’ils n’étaient plus aptes à exercer leurs fonctions. Marie-France Lorho devra également régler une amende de dix mille euros. Pour sa part, Jacques Bompard, accusé d’avoir perçu des rémunérations indues, a écopé d’une amende de quarante mille euros. Les trois parties sont tenues de rembourser solidairement à l’Assemblée nationale une somme avoisinant les soixante-quinze mille euros.

Cette affaire met en lumière les dérives d’un système où les mandats et les rémunérations se sont entremêlés au détriment de l’intérêt général. Le parquet avait souligné lors des débats que la multitude de fonctions exercées par Yann Bompard rendait matériellement impossible l’accomplissement de ses tâches de collaborateur parlementaire. Le jugement marque ainsi l’arrêt définitif d’une dynastie politique locale et rappelle les exigences de probité attachées à la fonction publique.

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