Nous rejoindre sur les réseaux

Économie

La feta grecque menacée par une crise sanitaire majeure

Article

le

_**Une épizootie de variole ovine, ayant conduit à l’abattage de centaines de milliers de têtes, ébranle la filière laitière et met en péril la production du célèbre fromage.**_

La Grèce traverse une période difficile pour son élevage ovin. Une maladie virale contagieuse a contraint les autorités à procéder à des abattages sanitaires massifs, dépassant les 480 000 animaux dans les régions du centre et du nord du pays. Cette décision a laissé de nombreux éleveurs dans une situation économique précaire, confrontés à des bergeries vidées de leur cheptel et à un avenir professionnel incertain.

Les répercussions sur l’industrie fromagère sont directes et significatives. La production de feta, fromage emblématique protégé par une appellation d’origine, repose essentiellement sur le lait de brebis. Or, la réduction drastique du nombre d’animaux se traduit par une chute des volumes de lait disponibles. Dans certaines zones de production clés, comme la Thessalie, les livraisons auraient diminué de près de moitié, entraînant un recul notable de l’activité des laiteries.

Pour tenter d’enrayer la propagation du virus, les pouvoirs publics ont imposé le confinement des troupeaux, interdisant le pâturage en liberté. Cette mesure, bien que nécessaire d’un point de vue sanitaire, alourdit considérablement les coûts d’exploitation pour les éleveurs et soulève une question fondamentale. En effet, le cahier des charges de l’appellation d’origine protégée stipule que les brebis doivent se nourrir librement dans des pâturages naturels, une condition jugée essentielle pour les qualités organoleptiques du fromage.

Face à cette impasse, un nombre croissant d’éleveurs a choisi de contourner les recommandations officielles. Ils ont recours à des vaccins importés de pays voisins, bien que cette pratique ne soit pas autorisée par les autorités sanitaires grecques. Ces dernières s’opposent fermement à la vaccination, arguant qu’elle empêcherait de distinguer les animaux immunisés des bêtes infectées, compliquant ainsi le contrôle épidémiologique. Des experts reconnaissent toutefois que ces initiatives clandestines ont probablement contribué à freiner l’évolution de l’épizootie.

L’ensemble de ces facteurs – diminution du cheptel, hausse du prix du lait, contraintes sanitaires – pèse lourdement sur la filière. Les estimations prévoient une baisse substantielle de la production nationale de feta pour l’année en cours, menaçant à la fois l’économie locale et les exportations de ce produit phare. La situation illustre la vulnérabilité des systèmes agroalimentaires face aux crises sanitaires et le difficile équilibre entre préservation d’un patrimoine gastronomique et impératifs de gestion des risques.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus