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La facture d’eau alourdie par la traque aux polluants persistants

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L’obligation de surveiller vingt composés perfluorés dans l’eau potable, entrée en vigueur ce début d’année, se répercute sur le prix payé par les consommateurs. Cette mesure, issue d’une directive européenne, suscite des débats sur son ampleur et son calendrier.

La réglementation impose désormais aux autorités sanitaires de mesurer la présence de vingt substances per- et polyfluoroalkylées, communément appelées PFAS, dans les réseaux d’eau potable. Ces composés synthétiques, réputés pour leur extrême persistance dans l’environnement, font l’objet d’une surveillance renforcée à travers l’Union européenne. Le coût de ces analyses, intégré au contrôle sanitaire, sera supporté par les usagers via leur facture d’eau.

Un plafond de concentration total de cent nanogrammes par litre a été fixé pour l’ensemble de ces vingt molécules dans l’eau traitée. Ce seuil réglementaire, jugé insuffisant par certaines associations de consommateurs et par des élus, est moins exigeant que les normes en vigueur dans plusieurs autres pays. Les défenseurs d’une approche plus stricte estiment que la dangerosité potentielle de ces polluants, qui s’accumulent dans les organismes vivants, justifierait des limites plus basses.

La mise en œuvre de ces contrôles relève des Agences régionales de santé, qui déterminent la fréquence des prélèvements en fonction des volumes distribués et des risques locaux. Les résultats sont centralisés et rendus publics par le ministère de la Santé. Selon les premières estimations, l’analyse du panel de vingt PFAS représente un surcoût unitaire d’une quarantaine d’euros, un montant en nette baisse par rapport aux tarifs pratiqués il y a quelques années.

Cette surveillance ne couvre cependant pas l’ensemble des composés préoccupants. L’acide trifluoroacétique, un PFAS dit à chaîne courte détecté dans la grande majorité des prélèvements lors d’une récente campagne, ne sera intégré dans le contrôle obligatoire qu’à partir de 2027. Ce délai, justifié par les autorités pour permettre l’adaptation technique des laboratoires, est critiqué par des experts en toxicologie, pour qui toute temporisation retarde la mise en place de mesures correctives.

La généralisation des analyses devrait mécaniquement faire baisser leurs coûts. Les gestionnaires des services d’eau anticipent une réduction significative des tarifs lorsque le processus sera pleinement industrialisé, à l’image de l’évolution observée pour le premier groupe de molécules.

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