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Société

La détention des mineurs en France, un système à bout de souffle

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Une délégation parlementaire a constaté sur le terrain les graves lacunes qui entravent la prise en charge éducative et sanitaire des jeunes incarcérés, fragilisant un dispositif déjà sous tension.

Les conditions de détention des adolescents font l’objet d’une inquiétude grandissante au sein de la classe politique. Une mission d’information conduite par plusieurs élus de gauche a récemment visité des établissements pénitentiaires pour mineurs, dont ceux de Porcheville et de Bordeaux-Gradignan. L’objectif était d’évaluer la situation des quelque huit cents détenus âgés de moins de dix-huit ans. Le manque criant de personnel, tant éducatif que médical, a été identifié comme un problème majeur, compromettant les missions de réinsertion et de protection de la jeunesse.

Les parlementaires ont souligné la difficulté à maintenir une continuité pédagogique et un accompagnement psychologique adapté. Dans certains sites, l’absence de pédopsychiatre depuis plusieurs années est particulièrement préoccupante. Les équipes sur place doivent composer avec des effectifs réduits, limitant les temps d’activité en dehors des cellules et compliquant la détection des signes de détresse. Un cadre de l’administration pénitentiaire a reconnu les limites du dispositif de protection d’urgence, évoquant un drame survenu l’an dernier.

Malgré ces contraintes, les enseignants et éducateurs déploient des efforts notables pour maintenir un lien avec l’institution scolaire. Des projets concrets sont mis en œuvre, allant d’ateliers d’écriture à des initiatives professionnalisantes, avec l’ambition de préparer le retour à la vie civile. Certains jeunes parviennent ainsi à valider des diplômes. Toutefois, les professionnels restent lucides sur les difficultés quotidiennes, entre troubles du comportement, turn-over du personnel et climat parfois tendu.

La question du placement des mineurs en détention provisoire a également été soulevée. Des élus estiment que l’enfermement devrait demeurer une mesure exceptionnelle, réservée aux cas les plus graves. Ils plaident pour un renforcement des moyens humains dans les structures dédiées, jugées plus appropriées que les grandes maisons d’arrêt pour assurer un cadre protecteur. Le débat sur l’équilibre entre sanction, éducation et soin pour cette population vulnérable reste entier, alors que les moyens alloués ne semblent pas à la hauteur des enjeux.

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