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La déroute d’Estrosi à Nice, un isolement politique consommé

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Le maire sortant, largement devancé au premier tour, se heurte à un refus catégorique de la gauche pour former un front commun. Sa campagne, émaillée de controverses, s’achève sur une impasse stratégique totale.

La défaite est sévère pour Christian Estrosi. Le maire sortant de Nice, candidat à sa propre succession, a subi un net revers lors du premier scrutin, ne recueillant qu’un peu plus de 30% des suffrages. Son rival, Éric Ciotti, allié au Rassemblement national, l’a devancé de plus de douze points. Confronté à cette situation inédite, l’édile a immédiatement lancé un appel au rassemblement des forces républicaines pour le second tour, une manœuvre à laquelle il avait déjà eu recours par le passé.

Cet appel est cependant resté sans écho. La candidate de l’union de la gauche, Évelyne Chesnel-Le Roux, a rapidement annoncé le maintien de sa liste, rejetant toute alliance. Elle a même invité publiquement le maire sortant à se retirer de la vie politique, lui reprochant d’avoir, selon ses termes, préparé le terrain pour l’extrême droite. Cette fin de non-recevoir scelle l’isolement de Christian Estrosi et rend son retournement de situation extrêmement improbable.

La campagne du sortant a été marquée par une série d’incidents et de difficultés. Dès la publication des premiers sondages défavorables en février, la dynamique semble s’être inversée. Les attaques personnelles et les polémiques se sont multipliées entre les deux anciens collaborateurs. Plusieurs épisodes ont nui à l’image de l’édile, comme une maladresse filmée concernant des clubs de boules ou la nécessité de démentir des rumeurs sur son état de santé. Un acte de vandalisme à caractère antisémite devant son domicile avait également jeté un trouble, bien que l’enquête n’ait pas établi de lien avec son camp.

Sur le fond, la campagne d’Éric Ciotti a porté sur la gestion municipale, pointant notamment la hausse des impôts locaux et les affaires judiciaires entourant l’équipe sortante. Dimanche soir, la réaction de Christian Estrosi à l’annonce des résultats, consistant en une longue énumération de son bilan, a paru déconnectée de la réalité du scrutin, au point que les médias ont coupé sa prise de parole. Son adversaire, quant à lui, a d’ores et déjà relancé sa campagne, appelant les électeurs à se libérer de l’emprise du maire sortant. Le paysage politique niçois se recompose ainsi autour d’un duel dont le maire en place semble être le grand absent.

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