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La dermatologie française face à une crise sans précédent

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Les spécialistes de la peau tirent la sonnette d’alarme devant le manque criant de praticiens, tandis que les délais d’attente s’allongent dangereusement.

La profession de dermatologue traverse une période critique en France. Avec seulement 102 nouveaux internes prévus pour la rentrée universitaire 2025-2026, les représentants du secteur jugent ces chiffres insuffisants pour pallier les départs en retraite massifs. Les effectifs, qui comptaient près de 4 000 praticiens il y a quinze ans, sont aujourd’hui tombés à 2 900, selon les dernières estimations.

Cette raréfaction des professionnels se traduit par des délais d’attente pouvant atteindre six mois pour obtenir un rendez-vous. Une situation particulièrement préoccupante dans un contexte où les cancers cutanés, souvent liés à une exposition excessive au soleil, nécessitent une vigilance accrue. Les dermatologues jouent en effet un rôle clé dans le dépistage précoce de ces pathologies, en examinant l’ensemble de la peau, y compris les zones moins visibles comme le cuir chevelu ou les ongles.

Les causes de cette pénurie sont multiples. Les autorités sanitaires privilégient actuellement d’autres spécialités jugées prioritaires, comme la médecine générale ou la réanimation, au détriment de la dermatologie. Par ailleurs, une partie de la profession dénonce les idées reçues selon lesquelles les dermatologues se tourneraient majoritairement vers les actes esthétiques. Si 64 % des praticiens exercent effectivement dans ce domaine, cette activité ne représenterait qu’une faible part de leur temps de travail pour la plupart d’entre eux.

Les conséquences de cette situation sont déjà visibles sur le terrain. Les patients atteints de pathologies cutanées complexes, comme certaines maladies rares, rencontrent des difficultés croissantes pour accéder à des spécialistes compétents. Les associations de patients soulignent la nécessité d’une meilleure répartition des ressources et d’une plus grande sensibilisation aux enjeux de santé publique que représente cette spécialité médicale.

Face à ce constat alarmant, les représentants de la dermatologie française appellent à une révision urgente des quotas de formation et à une reconnaissance accrue de leur rôle dans le système de santé. Sans mesures concrètes, la situation ne pourrait que s’aggraver dans les années à venir, avec des répercussions directes sur la qualité des soins dispensés à la population.

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