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La Cour suprême du Népal valide la nudité rituelle des ascètes hindous

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Une décision historique reconnaît la pratique millénaire des Naga sadhus comme faisant partie intégrante de leur liberté religieuse, et non comme un acte obscène.

La plus haute instance judiciaire népalaise a rendu un arrêt autorisant les ascètes hindous à pratiquer leur culte sans vêtements au sein du temple de Pashupatinath, l’un des lieux les plus sacrés du pays. Cette décision, rendue l’an dernier mais seulement publiée récemment, rejette une plainte déposée par certains fidèles estimant que la nudité de ces hommes saints portait atteinte à la décence.

Les Naga sadhus, reconnaissables à leurs corps enduits de cendre et leurs cheveux tressés en dreadlocks, suivent une tradition ascétique plusieurs fois centenaire. Consacrés au dieu Shiva, ils renoncent à tous les biens matériels, y compris aux vêtements, dans le cadre de leur engagement spirituel. La Cour a souligné que leur pratique relève d’un héritage culturel et religieux et ne saurait être assimilée à de l’obscénité.

Un représentant de la Cour a précisé que la distinction entre nudité et obscénité était au cœur de la décision. La pratique, encadrée et circonscrite aux espaces dédiés du temple, ne trouble selon lui ni l’ordre public ni la sensibilité des visiteurs. Les ascètes eux-mêmes affirment ne jamais se montrer nus en dehors des enceintes sacrées.

Chaque année, des centaines de Naga sadhus, majoritairement venus d’Inde, convergent vers Katmandou à l’occasion de la fête de Maha Shivaratri. Beaucoup résident alors temporairement dans le complexe du temple, où ils reçoivent nourriture et aide au voyage. Le jugement garantit désormais que leur présence ne pourra être remise en cause au nom de principes moraux contemporains.

Des experts et historiens soutiennent que cette tradition, bien que singulière, s’inscrit dans une discipline spirituelle rigoureuse et respectée. La décision de la Cour suprême consacre ainsi le principe selon lequel les expressions religieuses ancestrales doivent être protégées lorsqu’elles s’exercent dans le respect des lieux et des pratiques établies.

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