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La communauté haïtienne aux États-Unis face à l’incertitude migratoire

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Des milliers de familles se retrouvent dans une situation précaire après la révocation d’un statut protecteur, tandis que certains envisagent l’exil vers le Canada.

La décision des autorités américaines de mettre fin au statut de protection temporaire accordé à plus de 500 000 Haïtiens a plongé de nombreuses familles dans l’angoisse. Ce dispositif, instauré après le séisme de 2010, leur permettait jusqu’ici de vivre et travailler légalement sur le sol américain. Désormais, ces personnes redoutent les contrôles d’immigration et une expulsion imminente vers un pays en proie à une violence endémique.

À Miami comme à New York, où se concentrent d’importantes communautés haïtiennes, le climat est tendu. Les témoignages recueillis décrivent une peur palpable, certains évitant même les lieux publics par crainte d’être interpellés. Les consultations médicales ont chuté dans les centres de santé fréquentés par cette population, signe d’un repli inquiétant. Les associations locales alertent sur les conséquences sociales de cette mesure, qui risque de précipiter des milliers de personnes dans la précarité.

Face à cette situation, une partie des concernés se tourne vers le Canada. Les demandes d’asile en provenance d’Haïtiens résidant aux États-Unis ont significativement augmenté ces derniers mois, selon les données frontalières canadiennes. Montréal, où existe déjà une diaspora haïtienne bien établie, constitue une destination privilégiée. Pour autant, cette option reste inaccessible à beaucoup, notamment en raison des critères stricts imposés par l’accord sur les tiers pays sûrs.

Le retour en Haïti, quant à lui, apparaît comme une perspective particulièrement angoissante. Le pays, en proie à une crise sécuritaire sans précédent, enregistre un nombre record d’homicides et d’enlèvements. Les gangs armés y exercent un contrôle croissant sur le territoire, rendant le quotidien extrêmement périlleux pour les civils. Plusieurs interlocuteurs expriment ouvertement leur crainte d’être pris pour cible en cas de rapatriement forcé.

Dans l’attente d’une issue juridique incertaine, ces familles se retrouvent ainsi confrontées à un dilemme insoluble, entre la peur de l’expulsion et les difficultés d’une réinstallation ailleurs. Les associations continuent de plaider pour une solution pérenne, tandis que l’urgence humanitaire ne fait que s’accentuer.

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