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La cohabitation avec les prédateurs divise la Grèce

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L’agression d’une enfant par un loup sur une plage du nord du pays a ravivé les tensions entre défenseurs de la faune sauvage et partisans d’une régulation plus stricte.

Un loup s’est approché d’une fillette de cinq ans alors qu’elle jouait sur le sable d’une station balnéaire de Chalcidique, dans le nord de la Grèce. L’animal a saisi l’enfant par la taille avant qu’un passant n’intervienne en projetant des pierres pour l’éloigner. Le canidé aurait ensuite suivi la mère et sa fille jusqu’à leur lieu de villégiature, selon le récit familial rapporté par des médias locaux. Cet incident a immédiatement relancé les demandes de contrôle des populations lupines, portées depuis longtemps par les communautés de chasseurs et d’éleveurs.

Les autorités locales ont annoncé le déploiement de pièges pour capturer l’animal, précisant qu’une élimination serait envisagée en cas d’échec. Pour les partisans d’une gestion plus offensive, cet événement confirme la surpopulation supposée de loups sur le territoire grec. Un chasseur de Thessalonique témoigne de rencontres quasi quotidiennes avec ces prédateurs, évoquant une multiplication des attaques contre des chiens et du bétail.

L’analyse des spécialistes apporte cependant des nuances importantes. Le biologiste intervenu sur les lieux de l’agression estime que le loup concerné présentait un comportement atypique, probablement habitué à la présence humaine après avoir été nourri dans son jeune âge. Cette familiarisation rendrait l’animal impossible à réadapter, justifiant selon lui une capture. Des études récentes évaluent la population lupine hellénique à environ deux mille individus, avec une expansion notable de leur aire de répartition.

Le retour des grands prédateurs s’inscrit dans une tendance européenne plus large. L’abandon progressif des terres agricoles en altitude et la reconstitution des populations de gibier – sangliers et cerfs notamment – ont créé des conditions favorables au repeuplement lupin. Les observations se multiplient désormais en Attique, région englobant la capitale athénienne, et dans le Péloponnèse depuis deux à trois ans.

Cette recolonisation s’accompagne de défis croissants pour la coexistence avec les activités humaines. Les signalements d’ours bruns approchant des zones habitées se sont également accrus, comme en témoigne la récente blessure infligée à un octogénaire dans le nord-ouest du pays. Les organisations de conservation soulignent l’urgence de développer des protocoles d’intervention adaptés à ces nouvelles dynamiques, notant que les écosystèmes ruraux ont considérablement évolué au cours des dernières décennies. La question de la régulation des grands prédateurs continue de diviser profondément la société grecque, entre impératifs de sécurité et préservation de la biodiversité.

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