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La CNCDH critique une approche sécuritaire dominante dans la crise calédonienne

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Dans un avis rendu public, l’instance nationale des droits de l’Homme estime que la réponse de l’État aux événements de mai dernier a privilégié la répression, au détriment d’une résolution politique et du respect de certains droits fondamentaux.

La Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) dresse un constat sévère sur la gestion des violences survenues en Nouvelle-Calédonie au printemps 2024. Selon elle, les autorités publiques ont opté pour une stratégie principalement fondée sur la contrainte. Cette approche aurait reposé sur un recours massif aux forces de l’ordre, le déploiement de mesures de police administrative exceptionnelles et des décisions judiciaires perçues comme expéditives.

L’instance indépendante, saisie par le Sénat coutumier, pointe plusieurs éléments ayant, selon elle, contribué à envenimer la situation. Le déploiement important des effectifs policiers et militaires, la proclamation de l’état d’urgence ou encore le transfert de détenus vers la métropole sont présentés comme ayant alimenté les tensions. Le rapport souligne par ailleurs un traitement judiciaire particulier, marqué par une utilisation quasi exclusive de la comparution immédiate à l’encontre de la population kanak, soulevant des interrogations sur d’éventuels préjugés.

La CNCDH relève également que certaines décisions prises après les faits par les autorités locales, notamment des réductions budgétaires dans des secteurs comme l’éducation, ont été vécues comme des sanctions collectives. Elle estime que la réponse globale de l’État a fait preuve d’un caractère partisan et a manqué une opportunité de désamorcer le conflit par le dialogue en amont.

Pour restaurer la confiance et la proportionnalité de l’action publique, la Commission émet six recommandations. Elle appelle notamment à un plein respect de l’intégrité du processus de décolonisation et à la mise en œuvre de mesures concrètes pour lutter contre les discriminations systémiques et les inégalités structurelles qui affectent le territoire. Les conclusions de la CNCDH s’appuient sur une série d’auditions menées sur place, ses responsables insistant sur le caractère impartial et documenté de leur travail.

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