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La Bulgarie assoiffée face à l’urgence hydrique

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Un réseau délabré et des sécheresses récurrentes plongent des milliers de Bulgares dans une pénurie d’eau sans précédent.

Dans le village de Gorna Studena, à une trentaine de kilomètres du Danube, les robinets ne coulent plus que par intermittence. Les habitants, contraints de rationner leur consommation, doivent choisir entre les tâches essentielles. Pour Rumyana Tsoneva, agricultrice de 69 ans, cette situation n’a rien de nouveau, mais elle s’aggrave d’année en année. Son champ de maïs, comme ceux de ses voisins, ne donnera aucune récolte cette saison.

La Bulgarie, pays le plus pauvre de l’Union européenne, subit une crise hydrique aux multiples causes. Les infrastructures, vétustes, datent pour certaines d’avant la Seconde Guerre mondiale. Selon les experts, près de la moitié de l’eau transportée par ces canalisations défectueuses se perd en route. À cela s’ajoutent des prélèvements illégaux, tant par des particuliers que par des entreprises, aggravant encore les pénuries.

Le changement climatique exacerbe ces difficultés. Les précipitations printanières ont drastiquement diminué par rapport aux moyennes historiques, et certains réservoirs affichent des niveaux alarmants, à peine 20 % de leur capacité. Une étude récente alerte sur le risque d’une crise durable, avec des répercussions sanitaires, sociales et économiques majeures.

Les autorités locales, submergées par les réclamations, tentent de répondre tant bien que mal. À Gorna Studena, le maire doit gérer les tensions entre habitants, tandis que des citernes d’eau potable sont distribuées en urgence. Pour les villageois, souvent âgés et isolés, cette situation relève du combat quotidien. « Nous ne demandons pas le luxe, juste de quoi vivre dignement », résume Rumyana Tsoneva, symbole d’une population lasse des promesses non tenues.

Face à l’ampleur du problème, une commission parlementaire a préconisé la création d’un fonds national pour moderniser les réseaux. Mais pour des villages comme Gorna Studena, où l’exode rural a vidé les rues et fermé les services publics, l’espoir s’amenuise. Sans une action rapide et coordonnée, la Bulgarie risque de voir ses campagnes se désertifier un peu plus, sous le poids combiné de la sécheresse et de l’abandon.

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