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La Bolivie tourne une page historique avec le dépouillement présidentiel

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Le scrutin de dimanche oppose deux candidats de droite dans un pays confronté à une crise économique sans précédent, mettant fin à deux décennies de gouvernance socialiste.

Le processus de dépouillement est désormais engagé pour déterminer le successeur du président Luis Arce, dont le mandat de cinq ans a été marqué par la plus grave crise économique qu’ait connue le pays depuis quarante ans. Les bureaux de vote ont fermé leurs portes dimanche après-midi, ouvrant la phase décisive du second tour qui oppose deux figures politiques de droite. Les premiers résultats officiels devraient être communiqués dans la soirée par l’instance électorale nationale.

Cette élection présidentielle oppose Jorge Quiroga, ancien chef d’État âgé de soixante-cinq ans, à Rodrigo Paz, sénateur de cinquante-huit ans issu d’une famille politique influente. Les deux candidats proposent des programmes économiques similaires, prônant une réduction significative des dépenses publiques et un renforcement du secteur privé. Le vainqueur devra toutefois composer avec un Parlement fragmenté, nécessitant la formation d’alliances pour gouverner.

Le contexte économique domine largement ce scrutin. L’effondrement des exportations gazières a provoqué une pénurie chronique de devises étrangères, rendant insoutenable le système de subventions aux carburants. L’inflation annuelle dépasse désormais vingt-trois pour cent, tandis que les files d’attente devant les stations-service sont devenues monnaie courante. De nombreux électeurs expriment leur lassitude face à cette situation, comme en témoigne cette comptable de Santa Cruz qui évoque la possibilité d’émigrer si la situation ne s’améliore pas.

L’absence du Mouvement vers le Socialisme, formation politique de l’ancien président Evo Morales, constitue un autre élément marquant de ce scrutin. Empêché de se présenter en raison de la limitation des mandats, l’ancien chef de l’État a appelé au vote nul lors du premier tour, où les bulletins invalidés ont atteint un niveau record. Depuis son fief du Chapare, il a vivement critiqué les programmes des deux finalistes, les accusant de manquer de respect envers la population bolivienne.

Les observateurs politiques soulignent que le prochain gouvernement devra relever des défis considérables, entre la nécessité de restaurer la stabilité économique et celle d’apaiser les tensions sociales latentes. La capitale administrative La Paz semblait d’ailleurs retenir son souffle dimanche, avec une circulation interdite dans tout le pays et les transports publics à l’arrêt, dans une atmosphère tendue mais calme.

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