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Jack Lang face à la pression après ses liens avec Epstein

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_**L’ancien ministre de la Culture, président de l’Institut du monde arabe, doit s’expliquer ce dimanche au ministère des Affaires étrangères, alors que les demandes de son départ se multiplient.**_

La situation de Jack Lang à la tête de l’Institut du monde arabe (IMA) est devenue intenable. L’ancien ministre, âgé de quatre-vingt-six ans, est attendu ce dimanche au Quai d’Orsay, principal financeur de l’institution, pour évoquer les relations qu’il a entretenues avec le financier américain Jeffrey Epstein. La convocation, annoncée par le ministre délégué Jean-Noël Barrot, intervient dans un contexte de pressions croissantes pour qu’il quitte ses fonctions.

Ces appels ont redoublé après la publication récente de documents judiciaires américains mentionnant à de nombreuses reprises le nom de l’ancien ministre socialiste. Bien qu’aucune charge ne pèse contre lui, ces révélations ont jeté une ombre sur sa personne et, par ricochet, sur l’institution qu’il dirige depuis 2013. Le pouvoir exécutif a d’ailleurs estimé qu’il devait désormais « penser à l’institution » elle-même.

Jack Lang a pour sa part défendu sa position, évoquant une « naïveté » quant à la véritable nature d’Epstein au moment de leur rencontre, il y a une quinzaine d’années. Il a formellement exclu de démissionner, assurant n’avoir eu aucune connaissance des agissements criminels de l’homme d’affaires, décédé en prison en 2019. L’affaire a également touché sa fille, Caroline Lang, contrainte de quitter la présidence d’un syndicat de producteurs de cinéma après des révélations sur une société offshore qu’elle avait cofondée avec Epstein.

La classe politique, y compris dans son propre camp, est pourtant unanime à réclamer son départ. Des figures socialistes comme Olivier Faure ou Ségolène Royal, ainsi que des responsables écologistes et de la majorité présidentielle, estiment que sa démission est nécessaire pour préserver l’image et l’autorité de l’IMA. Ils soulignent le paradoxe entre la gravité des faits reprochés à Epstein et le ton jugé trop léger employé par Jack Lang pour évoquer cette relation.

La complexité de la situation tient au statut hybride de l’IMA, une fondation de droit privé. Si sa nomination initiale émanait de l’exécutif français, c’est le conseil d’administration de l’institut, composé pour moitié d’ambassadeurs de pays arabes, qui l’a formellement désigné et reconduit. Cette architecture rend toute décision concernant sa présidence particulièrement délicate, alors que la subvention annuelle du Quai d’Orsay, de 12,3 millions d’euros, représente la moitié du budget de l’établissement. L’entretien de dimanche sera donc décisif pour l’avenir de Jack Lang et de l’institution culturelle qu’il dirige.

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