Culture
Ino Casablanca, la nouvelle vague du rap français aux couleurs méditerranéennes
_**Porté par une nomination aux Victoires de la Musique, le jeune artiste franco-marocain incarne une génération qui fusionne avec fluidité ses héritages culturels dans un hip-hop personnel et sensible.**_
La scène du Zénith de Paris, en ce mois de décembre, vibre au rythme de ses couplets. Ino Casablanca, dont la notoriété a décollé avec la sortie de son EP « Extasia » à l’automne, fait désormais partie de ces nouvelles figures que l’industrie musicale observe avec attention. Sa nomination dans la catégorie Révélation aux prochaines Victoires de la Musique en est la confirmation. L’artiste de vingt-cinq ans se situe pourtant dans un entre-deux, entre la scène émergente qu’il quitte et le grand public qu’il n’a pas encore pleinement conquis.
Né en Espagne de parents marocains, il a connu une enfance itinérante entre le Maroc, l’Espagne puis la France, où sa famille s’est installée près de Toulouse lorsqu’il avait douze ans. Cette géographie intime irrigue naturellement son univers sonore. Sa musique, qu’il compose, produit et parfois mixe lui-même, est un bouillonnement où les rythmiques hip-hop épousent des mélodies aux accents maghrébins et orientaux. Son flow, tantôt chuchoté tantôt acéré, sert des textes à la fois sensibles et trempés dans la langue de la rue.
L’apprentissage du violon au conservatoire, dans son jeune âge, lui a offert une formation musicale classique qu’il a finalement détournée. Il lui préféra rapidement l’expérimentation sur logiciel, captant instinctivement les singularités de ses cultures plurielles. Il en tire un goût pour les gammes et les notes de passage peu usitées dans les canons occidentaux, créant des ponts inattendus là où d’autres verraient des contradictions. Titre phare de son répertoire, « Bissap du 20ème » en est une illustration parfaite, mêlant récit autobiographique et critique sociale sur une instrumentation riche en cuivres synthétiques.
Si son parcours évoque parfois des difficultés, l’artiste refuse toute posture de revanche. Il écarte la colère comme moteur, lui préférant la démonstration par l’exemple. Sa démarche consiste à montrer qu’il est possible de s’accomplir, où que l’on parte, avec humilité et travail. Cette philosophie semble porter ses fruits. Après des concerts complets, comme celui prévu à la Cigale à Paris fin février, son agenda se remplit pour la saison estivale, avec des dates confirmées dans plusieurs festivals majeurs à Marseille, Paris et Toulouse. Le parcours d’Ino Casablanca dessine ainsi, note après note, la cartographie d’une réussite artistique aussi singulière que prometteuse.
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