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Incendies dans l’Oregon: à Estacada, la désolation et la peur des pillages

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« C’est juste du matériel, il faut aller de l’avant »: au bord des larmes, Margi Wyatt tente de faire bonne figure en regardant la carcasse calcinée de son mobile-home, avalé par l’un des incendies qui font rage dans le nord de l’Oregon.

Mardi soir, elle a dû fuir en urgence son logement du Clackamas River RV Park, à Estacada, à une cinquantaine de kilomètres au sud-est de Portland, face à l’avancée du Riverside Fire.

Le feu a fait des dégâts importants mais très localisés sur ce site istallé sur une colline boisée, en bord de route. Dans la rangée de Mme Wyatt, tous les mobile-home ont été détruits. Dix mètres plus loin, tout est intact, alors que la colline ravagée par les flammes fume encore.

Dans les décombres, elle cherche avec son mari, Marcelino Maceda, à récupérer ce qui peut l’être. Mais il ne reste pas grand-chose sous les cendres: une montre dont le cadran a fondu, un bracelet à moitié brûlé, une bague…

« La police a frappé à la porte, nous a dit de faire nos bagages et de partir », se rappelle-t-elle. « J’ai rassemblé tout ce que j’ai pu en vingt minutes: de l’argent, des papiers importants, des bijoux. Le reste est encore ici ».

Mais cette aide-soignante à la retraite se veut philosophe.

« C’est juste du matériel, il faut aller de l’avant et on va s’en sortir. Comme disent les Indiens, le Phoenix renaît de ses cendres », assure-t-elle, soulagée qu’il n’y ait eu aucune victime.

Le couple avait choisi de s’installer ici il y a deux ans, mais pour Mme Wyatt, c’est désormais du passé.

« Je ne veux pas revenir, ce sont des maisons en plastique, la prochaine sera en dur », dit cette femme de 70 ans qui veut « fermer ce chapitre » de sa vie.

Voitures suspectes et cambriolages

D’autres se sont réinstallés dès que l’ordre d’évacuation a été levé et une bonne partie du site était occupée samedi. 

A dix kilomètres plus au nord, le centre d’Estacada est noyé dans un épais brouillard de fumée. Une petite partie des 3.500 habitants de la ville sont revenus malgré l’air vicié, et certains organisent des rondes en voiture pour empêcher d’éventuels pillages.

Matt Watts, 37 ans, fait le guet devant chez lui pour décourager les pilleurs, fusil semi-automatique en bandoulière et pistolet à la ceinture.

« Je n’entendais que des histoires de pillages et d’incendies criminels sur mon scanner et comme je n’avais pas peur que ma maison brûle, j’ai décidé de rester pour la protéger », dit-il.

« J’espère juste dissuader ceux qui nous veulent du mal », affirme-t-il, tout en assurant être prêt à utiliser ses armes.

Il raconte avoir entendu une nuit des coups de feu, et vu des voitures suspectes avec des plaques d’autres Etats dans les rues.

Face aux rumeurs qui se sont multipliées depuis quelques jours sur les réseaux sociaux, l’antenne locale du FBI a affirmé sur Twitter que « les informations selon lesquelles des extrémistes allument des incendies dans l’Oregon sont fausses ». Elle a appelé la population à « stopper la désinformation ».

Pourtant, les cambriolages sont une réalité pour James, 29 ans.

Son atelier a été cambriolé plusieurs fois entre mardi et samedi. « Ils ont volé mon quad, beaucoup d’outils, ma moto », explique-t-il à l’AFP, estimant ses pertes à plus de 15.000 dollars.

Il s’est arrangé avec ses voisins pour faire des tours de garde dans la journée, mais la nuit les maisons sont vides. « Il n’y a que les caméras de surveillance », dit-il en montrant les images des cambrioleurs. 

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Gaza : La France soutient la Cour pénale internationale dans ses mandats d’arrêt contre des dirigeants israéliens et du Hamas

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Gaza : La France soutient la Cour pénale internationale dans ses mandats d'arrêt contre des dirigeants israéliens et du Hamas

Le Quai d’Orsay a réaffirmé le soutien de la France à la CPI après la demande de mandats d’arrêt contre Benjamin Netanyahu et des leaders du Hamas pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

La France a exprimé son soutien à la Cour pénale internationale (CPI) suite à la demande de mandats d’arrêt contre des dirigeants israéliens, dont le Premier ministre Benjamin Netanyahu, et des responsables du mouvement islamiste palestinien Hamas. Le Quai d’Orsay a publié un communiqué dans la nuit de lundi à mardi, soulignant l’importance de l’indépendance de la CPI et la lutte contre l’impunité.

« La France soutient la Cour pénale internationale, son indépendance, et la lutte contre l’impunité dans toutes les situations », a déclaré la diplomatie française. Le communiqué rappelle également la condamnation par la France, dès le 7 octobre, des massacres antisémites perpétrés par le Hamas, qualifiant ces actes de « barbares » et dénonçant les attaques contre des civils, accompagnées de tortures et de violences sexuelles.

Concernant Israël, le Quai d’Orsay a souligné l’impératif du respect strict du droit international humanitaire, dénonçant les pertes civiles inacceptables dans la bande de Gaza et l’accès humanitaire insuffisant. La France appelle à une « solution politique durable » comme seule voie pour rétablir la paix.

Le procureur de la CPI, Karim Khan, a annoncé lundi avoir réclamé des mandats d’arrêt contre Benjamin Netanyahu et son ministre de la Défense, Yoav Gallant, pour des crimes tels que « le fait d’affamer délibérément des civils », « homicide intentionnel » et « extermination et/ou meurtre » en lien avec l’opération israélienne à Gaza. Des mandats ont également été demandés contre Ismaïl Haniyeh, Mohammed Deif, et Yahya Sinouar, hauts dirigeants du Hamas, pour « extermination », « viol et autres formes de violence sexuelle », et « prise d’otages en tant que crime de guerre ».

Si Paris soutient la CPI, le président américain Joe Biden a fermement défendu Israël, qualifiant de « scandaleuse » la demande de mandats d’arrêt contre des dirigeants israéliens. Antony Blinken, secrétaire d’État américain, a également critiqué cette démarche, la qualifiant de « honte ». En France, plusieurs dirigeants de la gauche ont exprimé leur satisfaction suite à l’annonce de la CPI.

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Gaza : un mandat d’arrêt pour crime de guerre et crime contre l’humanité demandé contre Benjamin Netanyahu

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Gaza : un mandat d’arrêt pour crime de guerre et crime contre l’humanité demandé contre Benjamin Netanyahu

La Cour pénale internationale (CPI) a émis une demande de mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour des crimes présumés commis lors de l’offensive à Gaza depuis octobre.

Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Karim Khan, a officiellement requis, ce lundi 20 mai, un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, pour crime de guerre et crimes contre l’humanité présumés commis dans la bande de Gaza. Cette demande concerne les actions menées par Israël depuis l’offensive lancée le 8 octobre 2023.

Dans un communiqué, la CPI a indiqué avoir « des motifs raisonnables de croire » que Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense, Yoav Galant, sont pénalement responsables de crimes de guerre et crimes contre l’humanité, incluant « le fait d’affamer délibérément des civils », « homicide intentionnel » et « extermination et/ou meurtre ».

La CPI a également demandé des mandats d’arrêt contre Yahya Sinouar, chef du Hamas à Gaza, Mohammed Diab Ibrahim Al-Masri, chef de la branche armée du Hamas, et Ismail Haniyeh, chef de la branche politique du mouvement. Ils sont accusés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité commis en Israël et dans la bande de Gaza depuis le 7 octobre 2023, notamment extermination, meurtre, prise d’otages, viol, torture, et autres formes de violence sexuelle, traitements cruels et atteintes à la dignité humaine.

Selon la chaîne israélienne Channel 13, le Conseil national de sécurité israélien aurait tenu des discussions secrètes pour se préparer à l’éventualité de mandats d’arrêt internationaux contre les hauts dirigeants du pays. Israël aurait tenté de prévenir cette situation en menant une campagne politique auprès de divers présidents européens, sans succès.

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Iran : le président Ebrahim Raïssi meurt dans un accident d’hélicoptère

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Iran : le président Ebrahim Raïssi meurt dans un accident d’hélicoptère

Le président iranien, Ebrahim Raïssi, a perdu la vie dans un crash d’hélicoptère dimanche 19 mai. Sa disparition pourrait avoir des conséquences géopolitiques significatives dans la région.

Ebrahim Raïssi, président iranien élu depuis trois ans, est décédé dans un accident d’hélicoptère survenu dimanche 19 mai dans le nord-ouest de l’Iran. Son corps a été retrouvé lundi 20 mai sur les lieux du crash, dans une zone escarpée et boisée. L’accident est attribué à un épais brouillard et à de fortes pluies, selon un journaliste iranien présent sur place. Raïssi rentrait en hélicoptère après l’inauguration d’un barrage.

Face à cette tragédie, le guide suprême iranien, Ali Khamenei, a décrété cinq jours de deuil national. Bien que le président Raïssi ait été une figure exécutive importante, c’est l’ayatollah Khamenei qui détient le véritable pouvoir en Iran. Il a assuré la continuité du gouvernement en déclarant qu’il n’y aurait « pas de perturbations dans le travail du pays ». Une élection présidentielle est prévue dans 50 jours pour choisir un nouveau dirigeant.

Malgré le deuil officiel, la réaction publique à Téhéran a été contrastée. Dimanche soir, des feux d’artifice ont été tirés pour célébrer l’accident. « Notre jeune génération est contente qu’il soit mort. Ça nous fait bien rire, et on le dit sur les réseaux sociaux », a confié un opposant au régime sous couvert d’anonymat.

La mort de Raïssi pourrait entraîner des répercussions géopolitiques dans la région, alors que l’Iran continue de jouer un rôle central au Moyen-Orient. La stabilité politique du pays et ses relations avec les voisins et les puissances mondiales seront étroitement surveillées dans les semaines à venir.

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