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Hong Kong met à prix des militants pro-démocratie en exil

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Les autorités locales offrent des récompenses pour la capture de 19 opposants accusés d’atteinte à la sécurité nationale, dans une escalade judiciaire à portée internationale.

Les services de police de Hong Kong ont annoncé vendredi le lancement d’une campagne de primes visant dix-neuf activistes en exil, tous inculpés pour violation de la législation sur la sécurité nationale instaurée par Pékin en 2020. Ces individus, établis à l’étranger, sont associés à une organisation baptisée « Parlement de Hong Kong », basée au Canada et qualifiée de « subversive » par les autorités.

Selon le communiqué officiel, cette structure aurait cherché à « saper les institutions fondamentales » de l’État chinois. Le groupe s’est récemment illustré en organisant une consultation en ligne pour former une assemblée législative parallèle, présentée comme un moyen de « résister à l’autoritarisme ». Parmi les cibles figurent quatre personnalités déjà sous le coup de mandats d’arrêt, dont un entrepreneur reconverti en analyste politique, avec une prime d’un million de dollars hongkongais. Les quinze autres font l’objet d’une offre de 200 000 dollars chacun.

Ces mesures, bien que symboliques compte tenu de l’absence de traités d’extradition avec les pays concernés, marquent une nouvelle étape dans la répression des voix dissidentes. Il s’agit du quatrième avis de recherche émis cette année, une pratique vivement critiquée par plusieurs capitales occidentales, y voyant une ingérence extraterritoriale.

Parallèlement, Hong Kong a révoqué les passeports de plusieurs militants inscrits sur sa liste, en application d’une réforme législative adoptée en 2024. La loi sur la sécurité nationale, élargie depuis son introduction, prévoit des peines allant jusqu’à la réclusion à perpétuité pour des chefs d’inculpation tels que la subversion ou la collusion avec l’étranger.

Le bilan des arrestations liées à ce texte s’élève désormais à 333 personnes, dont près de la moitié ont été condamnées. La contestation politique s’est progressivement éteinte après la vague de manifestations de 2019, beaucoup de ses figures ayant choisi l’exil ou purgeant de lourdes peines. Les récentes interpellations, dont celle d’un adolescent de 15 ans soupçonné d’appartenir à un groupe taïwanais hostile au régime, confirment la persistance d’un climat de surveillance renforcée.

Un jeune de 18 ans a également été appréhendé cette semaine pour des graffitis jugés séditieux, illustrant la tolérance zéro des autorités envers toute forme de critique. Cette politique répressive continue de redéfinir les contours des libertés dans l’ancienne colonie britannique.

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