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Gaza sous tension : le calvaire d’un reporter au cœur de la crise humanitaire

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Dans l’enfer quotidien de la bande de Gaza, un journaliste témoigne des défis insurmontables pour survivre et informer, entre pénuries extrêmes et dangers permanents.

Chaque jour, Youssef Hassouna arpente des kilomètres sous un soleil de plomb pour accomplir son travail de reporter. Dans cette étroite bande de terre ravagée par plus de vingt mois de conflit, se déplacer relève désormais du parcours du combattant. Les routes sont détruites, les infrastructures réduites à néant, et les besoins élémentaires – nourriture, eau, médicaments – se font cruellement rares.

Ce quinquagénaire, correspondant vidéo expérimenté, décrit une réalité où l’accès à l’alimentation est devenu une obsession. Les denrées de base, lorsqu’elles sont disponibles, atteignent des prix exorbitants. Un kilo de lentilles, autrefois vendu moins d’un dollar, en coûte désormais vingt-quatre. Le riz a vu son prix multiplié par vingt. Les files d’attente interminables pour obtenir de l’eau potable ponctuent le quotidien des familles, y compris le sien.

Le conflit, déclenché après l’offensive du Hamas le 7 octobre 2023, a entraîné des pertes humaines considérables et plongé la région dans une crise humanitaire sans précédent. Les Nations unies et des centaines d’organisations alertent sur les risques de famine généralisée, aggravés par les restrictions d’accès aux biens essentiels.

Au-delà des difficultés matérielles, le métier de journaliste comporte ses propres périls. Certains habitants, épuisés par la guerre, voient d’un mauvais œil la présence des médias, craignant des représailles. D’autres, en revanche, espèrent que leur voix sera portée au-delà des frontières. « Faites savoir au monde que nous ne voulons plus de cette guerre », lui lancent-ils parfois.

Malgré l’adversité, Youssef Hassouna continue de documenter l’indicible – les distributions chaotiques d’aide, les frappes meurtrières, la détresse d’une population à bout de forces. Lui qui a perdu quarante kilos en deux ans n’aspire qu’à une chose : une paix durable, pour les siens comme pour les enfants israéliens. « Nous avons grandi dans la guerre. Nos enfants méritent autre chose », murmure-t-il, résumant l’espoir têtu qui persiste malgré tout.

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