Monde
Floride : des milliers de Vénézuéliens plongés dans l’incertitude après la révocation de leur statut protecteur


La décision de l’administration Trump de supprimer le TPS pour 350 000 migrants vénézuéliens suscite l’incompréhension et l’angoisse dans les communautés établies en Floride.
À Doral, ville surnommée « Doralzuela » en raison de sa forte population vénézuélienne, l’ambiance est à l’inquiétude. Des centaines de milliers de personnes, autrefois protégées par le statut TPS (Protection Temporaire Spéciale), se retrouvent désormais dans une situation juridique précaire. Ce dispositif, qui leur permettait de vivre et travailler légalement aux États-Unis, a été révoqué par l’administration Trump, plongeant des familles entières dans le doute.
Denis Caldeira, employé dans une entreprise d’import-export, exprime son désarroi. « Je dois continuer à travailler, mais la peur est là », confie-t-il. Comme lui, beaucoup ne comprennent pas cette décision, d’autant que le Venezuela, dirigé par Nicolás Maduro, reste considéré comme une dictature par Washington. « C’est une contradiction inacceptable », dénonce José Antonio Colina, militant associatif. « Comment justifier le renvoi de personnes ayant fui un régime répressif ? »
Dans les rues de Doral, entre cafés branchés et commerces florissants, l’atmosphère contraste avec l’anxiété des habitants. Keyla Méndez, employée dans un cabinet d’avocats, redoute l’échéance d’août, date à laquelle son statut expirera. « Nos enfants ont grandi ici, ils ont des projets. Retourner au Venezuela n’est pas une option », soupire-t-elle.
Les réactions sont vives, y compris chez ceux qui avaient soutenu Donald Trump, espérant une politique ferme contre le régime de Maduro. « Personne ne s’attendait à ce que cela se retourne contre nous », regrette Oli García, entrepreneuse. Son imprimerie prospère symbolise l’intégration réussie de nombreux Vénézuéliens, désormais menacée.
Alors que Nicolas Maduro dénonce une « décision criminelle », les concernés tentent de trouver des solutions. Entre espoirs brisés et incertitudes administratives, leur avenir reste suspendu à un changement de politique ou à une régularisation hypothétique. Pour l’heure, ils continuent de vivre au jour le jour, entre résignation et combat.





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