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Société

Fin de vie : Vautrin tente un rapprochement difficile avec les soignants

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La ministre de la Santé a cherché à apaiser les craintes des professionnels des soins palliatifs, déchirés entre soutien accru et crainte face à l’aide à mourir.

Devant un parterre de professionnels réunis à Lille, la ministre en charge de la Santé a déployé des arguments pour rassurer un secteur en proie aux doutes. Les récentes avancées législatives sur la fin de vie, combinant renforcement des soins palliatifs et encadrement de l’aide active à mourir, ont suscité des réactions contrastées parmi les acteurs de terrain.

Lors de son discours, l’élue a reconnu avec franchise la défiance qu’elle pouvait incarner, usant même d’une formule choc pour désamorcer les tensions. Elle a ensuite mis en avant les engagements financiers de l’État, avec une enveloppe d’un milliard sur dix ans, dont cent millions dès l’année prochaine. Des promesses assorties de garanties : pérennisation des crédits, couverture territoriale renforcée et formation des équipes.

Sur le volet le plus polémique, celui de l’aide active à mourir, la ministre a tenu à rappeler le principe intangible de la clause de conscience, assurant qu’aucun soignant ne serait contraint d’y participer. Elle a toutefois concédé que l’absence de sanction pénale contre l’incitation à recourir à cette pratique créait un déséquilibre juridique, tout en confirmant que les débats se poursuivaient.

Du côté des professionnels, le scepticisme persiste. La présidente de la principale fédération du secteur a pointé le manque de visibilité sur l’utilisation effective des fonds promis, ainsi que les inquiétudes liées à la nouvelle législation. Un contexte d’autant plus sensible que seule la moitié des patients en fin de vie bénéficient aujourd’hui d’un accompagnement palliatif digne de ce nom, faute de structures et de moyens suffisants.

Les deux textes, votés fin mai par les députés, prévoient notamment un droit opposable aux soins palliatifs, permettant aux familles de saisir la justice en cas de carence. Ils doivent désormais passer devant le Sénat à l’automne, ouvrant une nouvelle phase de discussions tendues.

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