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Politique

Fin de vie : l’Assemblée valide le principe d’une assistance médicalisée à la mort

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Un pas historique franchi dans le débat sur la fin de vie, avec l’adoption d’un cadre légal pour l’aide à mourir, tout en maintenant des garde-fous stricts.

Les députés ont acté ce samedi une avancée majeure en matière de législation sur la fin de vie, en instaurant un dispositif encadré d’assistance médicalisée à la mort. Le texte, adopté par 75 voix contre 41, établit comme règle fondamentale l’auto-administration par le patient d’une substance létale, sauf incapacité physique avérée. Ce retour à la version initiale du projet, après des modifications en commission, a suscité des débats nourris dans l’hémicycle.

Le gouvernement a défendu une approche prudente, insistant sur le caractère exceptionnel de l’administration par un professionnel de santé. La ministre en charge du dossier a souligné que l’auto-administration garantissait l’expression jusqu’au bout de la volonté du patient. Certains élus ont toutefois exprimé leurs craintes quant aux situations où des malades, bien que déterminés, pourraient se retrouver dans l’impossibilité physique ou psychologique d’accomplir ce geste.

Les discussions ont également porté sur les critères d’accès à ce dispositif. Le texte prévoit cinq conditions cumulatives : majorité, résidence en France, pathologie grave et incurable en phase terminale, souffrances réfractaires aux traitements, et capacité à exprimer une volonté libre et éclairée. Plusieurs tentatives d’élargissement, comme l’accès dès 16 ans avec accord parental ou la prise en compte des directives anticipées, ont été rejetées.

La sémantique a fait l’objet de vifs échanges, certains opposants contestant les termes « droit à l’aide à mourir » au profit de « liberté », ou cherchant à introduire les notions de suicide assisté et d’euthanasie. Ces propositions n’ont pas trouvé majorité, pas plus que celles visant à autoriser l’administration par un proche.

Alors que près de 1 800 amendements restent à examiner, les débats doivent se poursuivre dès lundi, témoignant de la complexité et de la sensibilité de ce sujet qui transcende les clivages politiques traditionnels. Ce vote marque une étape décisive dans l’évolution de la législation française sur la fin de vie, après des années de réflexion et de consultations.

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