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Euthanasie: débat clivé et bataille d’amendements à l’Assemblée

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« Ultime liberté » contre « transgression majeure »: l’Assemblée nationale rouvre jeudi un débat passionnel sur l’euthanasie, qui risque toutefois de ne pas aller à son terme faute de temps face à un barrage de milliers d’amendements.

La proposition de loi du député Olivier Falorni ouvrant un droit à « une fin de vie libre et choisie » divise tous les groupes, qui laissent d’ailleurs leurs élus s’exprimer en conscience.

« Evidemment c’est une question difficile, philosophiquement, ontologiquement. Il n’y a pas de réponse qui soit facile », reconnaît le socialiste Boris Vallaud.

Le texte est présenté en première lecture dans le cadre d’une journée réservée au groupe Libertés et Territoires de M. Falorni, défenseur de longue date d’un droit à l’euthanasie pour les personnes souffrant d’une maladie incurable.

Il ouvrirait le possible recours à une « assistance médicalisée active à mourir » pour toute personne « capable et majeure, en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable », ne pouvant être « apaisée » ou jugée par elle « insupportable ».

« Les Français sont prêts, ils attendent cette grande loi de liberté » assure M. Falorni, qui s’est inspiré de plusieurs exemples étrangers, en particulier la Belgique.

Signe du large écho de sa cause au Palais Bourbon, M. Falorni a reçu l’appui de quelque 270 députés de tous bords, pas loin de la majorité absolue, dans une tribune publiée par le Journal du Dimanche.

Parmi ses soutiens, les présidents de quatre groupes parlementaires: Jean-Luc Mélenchon (LFI), Valérie Rabault (PS), Olivier Becht (Agir) et Bertrand Pancher (Libertés et territoires).

Ses adversaires entendent toutefois contrer son adoption dans le temps contraint des « niches » parlementaires – couperet à minuit – avec une avalanche d’amendements, plus de 3.000, dont 2.300 émanant d’une poignée de députés LR.

Une « obstruction » dénoncée à cor et à cri par les partisans de M. Falorni, auxquels ces opposants répondent par le « droit imprescriptible » de tout parlementaire à déposer des amendements.

Difficulté de temps supplémentaire: l’examen de ce texte ne débutera qu’après un autre portant sur les langues régionales.

« dépénalisation »

Manoeuvre pour manoeuvre, 227 partisans de l’euthanasie ont déposé un amendement de tête, qui sera discuté en premier, garantissant le coeur du dispositif : « l’assistance médicalisée active à mourir ».

Son adoption leur offrirait une victoire symbolique, à défaut de pouvoir faire passer le reste du texte, et mettrait la pression sur un gouvernement très tiède sur ce sujet.

De nombreux parlementaires déplorent toutefois qu’un tel thème de société vienne d’un groupe d’opposition minoritaire – 18 députés d’obédiences diverses – plutôt que d’un projet gouvernemental, étude d’impact et avis du Comité d’éthique à l’appui.

Le lourd contexte de la crise sanitaire est aussi jugé peu propice par certains. La députée et présidente du RN Marine Le Pen estime « indécent » de rouvrir ce débat au moment où « nous nous battons pour sauver des vies ».

Les parlementaires hostiles font valoir qu’il conviendrait d’abord de mieux appliquer la loi Claeys-Leonetti actuelle, qui prévoit une sédation profonde et continue pouvant mener à la mort, mais sans euthanasie active.

Cinq ans après son adoption, 26 départements français ne disposent toujours pas d’une unité de soins palliatifs, déplorent-ils.

Sur le fond, « inscrire dans la loi que donner la mort deviendrait une sorte de solution thérapeutique ultime nous choque », ont écrit des députés LR auteurs de nombreux amendements, emmenés par Xavier Breton.

Ils ont un appui de poids en la personne de Jean Leonetti, co-auteur de la loi actuelle, qui voit dans l’euthanasie active une « transgression majeure ».

« On est dans une dépénalisation de ce que juridiquement, on appelle un homicide », a-t-il déclaré.

Des voix célèbres se sont élevées dans les deux camps: la chanteuse et comédienne Line Renaud pour appuyer « un progrès essentiel », l’écrivain Michel Houellebecq pour estimer qu’avec cette loi, la France perdrait « tout droit au respect ».

Le gouvernement s’est jusqu’à présent montré peu enclin à légiférer. Emmanuel Macron n’avait pas pris d’engagement en 2017, hormis indiquer qu’il préfèrerait personnellement choisir sa fin de vie. Son ministre de la Santé Olivier Véran veut mieux faire connaître la loi actuelle.

Interrogé mercredi au Sénat, le secrétaire d’Etat Adrien Taquet est resté évasif: « Les consultations, les contributions de la part d’experts doivent encore être poursuivies » en vue d’un « débat éclairé », a-t-il dit.

 

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Économie

Sophie Binet devient la première femme élue à la tête de la CGT

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Sophie Binet devient la première femme élue à la tête de la CGT

Ce 53e congrès a déjoué tous les pronostics. Le poste pourtant promis à Marie Buisson ou Céline Verzeletti leur a finalement échappé.

Le 53e congrès de la CGT a connu un dénouement inattendu lorsque Sophie Binet, la responsable du syndicat des cadres (Ugict-CGT), a été élue secrétaire générale, devenant ainsi la première femme à occuper ce poste en 128 ans d’histoire du syndicat. Cette élection a eu lieu après une longue nuit de discussion entre le Comité confédéral national (CCN) et le comité exécutif confédéral (CEC), qui propose les candidats.

Après que la première proposition pour élire Marie Buisson a été rejetée à deux voix près, les instances ont décidé de se tourner vers Sophie Binet malgré son statut de cadre peu compatible avec l’image de la CGT. Bien qu’elle ait su incarner un profil de rassemblement au sein du syndicat, il reste à voir comment elle réussira à s’imposer face aux puissantes fédérations.

La nouvelle numéro un est maintenant attendue sur la réforme des retraites, alors que l’intersyndicale doit être reçue en début de semaine par la première ministre et que tous les membres se demandent quelle sera la nouvelle position de la CGT sur le sujet.

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France

Covid-19 : les soignants non vaccinés vont être réintégrés

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Covid-19 : les soignants non vaccinés vont être réintégrés

Entre 2.000 et 4.000 soignants sont en ce moment suspendus car non-vaccinés contre le Covid-19, selon les estimations. La Haute autorité de santé (HAS) préconise de lever l’obligation vaccinale des soignants. Et le ministre de la Santé François Braun annonce qu’il « suivra l’avis » de la HAS.

Le ministre de la Santé, François Braun, a annoncé qu’il suivra l’avis de la Haute autorité de santé (HAS), qui s’est prononcée en faveur de la réintégration des soignants non vaccinés contre le Covid-19 et recommande de lever l’obligation vaccinale. Depuis 2021, tous les soignants et les personnes travaillant en milieu hospitalier doivent être vaccinés contre le virus pour pouvoir exercer leur profession. Cela a conduit entre 2 000 et 4 000 soignants à être suspendus car ils ont refusé de se faire vacciner.

M. Braun a promis de « concerter les fédérations hospitalières et les ordres des professions de santé pour définir les modalités de mise en œuvre » de cette décision, qui fera « rapidement » l’objet d’un décret.

Cette décision met fin à une mesure controversée qui avait été imposée en pleine crise sanitaire à 2,7 millions de personnes : les soignants, mais aussi le personnel des hôpitaux et des maisons de retraite, les ambulanciers, les aides à domicile et les pompiers.

La HAS a souligné « l’intérêt de cette vaccination » et a recommandé que « la vaccination contre la Covid-19 soit fortement recommandée, y compris les rappels à distance de la primovaccination ». En février dernier, la Haute autorité de santé avait ouvert la voie à la fin de la vaccination obligatoire anti-Covid chez les soignants. Plusieurs forces d’opposition – à gauche, la France insoumise (LFI), à l’extrême droite, le Rassemblement national (RN), avaient réclamé la réintégration des soignants non vaccinés.

Les indicateurs du Covid-19 sont en hausse depuis le début du mois de mars, mais cela n’a pas eu d’impact négatif sur les hospitalisations. La semaine dernière, les taux d’incidence et de positivité « continuaient à augmenter, tout en restant à des niveaux bas », selon le dernier bilan de Santé publique France.

« Il y a une reprise claire et nette depuis début mars », a déclaré à l’AFP l’épidémiologiste Mahmoud Zureik. « On recense entre 8 000 et 10 000 nouveaux cas par jour, mais compte tenu de la politique actuelle des tests, ces chiffres sont certainement largement sous-estimés », a-t-il ajouté.

Le Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE) a également été saisi sur l’obligation vaccinale des soignants et rendra son avis dans les jours qui viennent, en se fondant cette fois sur des critères sociaux et éthiques

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Téléthon 2022 : un résultat exceptionnel avec 90,83 millions d’euros récoltés, le meilleur depuis 2016

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Téléthon 2022 : un résultat exceptionnel avec 90,83 millions d'euros récoltés, le meilleur depuis 2016

Après les promesses de dons, début décembre, 12 millions d’euros supplémentaires ont été collectés dans le cadre de cette 36e édition.

Un Téléthon à succès. La collecte finale de l’édition 2022 du Téléthon s’élève à 90,83 millions d’euros, soit 12 millions de plus que les promesses de dons effectuées lors de l’événement télévisuel organisé les 2 et 3 décembre, selon les chiffres publiés jeudi 30 mars par l’association AFM-Téléthon. Il s’agit du meilleur résultat depuis 2016. L’an passé, la 35e édition avait permis de récolter quelque 86 millions d’euros.

Après deux années marquées par la pandémie de Covid-19, cette manifestation a pu revenir à la rencontre des Français cette année, avec des animations organisées dans plus de 13 000 communes. « Nous avons retrouvé le Téléthon comme on l’aime, plein de joie, de fête et de solidarité », s’est félicitée dans un communiqué la présidente de l’AFM-Téléthon, Laurence Tiennot-Herment. Elle « remercie tous les donateurs, bénévoles, partenaires, artistes, animateurs et équipes de France Télévisions, et notre parrain, Kev Adams, pour cette édition exceptionnelle ».

Ce dernier n’est d’ailleurs pas prêt d’oublier ces 30 heures de direct. L’humoriste de 31 ans s’est dit « impressionné par l’énergie des familles qui se battent pour vivre chaque instant plus fort malgré la maladie ». « Vos dons changent la vie des familles », a-t-il insisté. Après les premières avancées, par exemple contre des déficits immunitaires, les travaux financés par le Téléthon ciblent des pathologies plus complexes, comme les maladies neuromusculaires.

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