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État de siège au Guatemala après la mort de neuf policiers

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Le Parlement a entériné pour trente jours les mesures d’exception décrétées par le président Bernardo Arévalo, alors que les funérailles des agents tués se déroulaient dans une capitale sous le choc.

Le Congrès guatémaltèque a approuvé lundi le décret présidentiel instaurant l’état de siège sur l’ensemble du territoire. Cette décision fait suite à l’assassinat de neuf membres des forces de l’ordre, perpétré en représailles à des opérations de reconquête de trois établissements pénitentiaires. Le dispositif, valable un mois, suspend plusieurs libertés publiques et accorde aux autorités des pouvoirs élargis en matière d’arrestations et d’interrogatoires.

Dans la journée, le chef de l’État a présidé une cérémonie d’hommage national en l’honneur de sept des victimes. Les cercueils, recouverts du drapeau national, étaient alignés au siège du ministère de l’Intérieur, sous la garde d’un détachement en uniforme. Visiblement ému, Bernardo Arévalo a salué la mémoire de ces « héros » et assuré aux familles présentes que toutes les ressources seraient mobilisées pour traduire les responsables en justice. Un deuil national de trois jours a été décrété.

Les violences ont éclaté après que les forces de sécurité eurent repris le contrôle de centres de détention où des chefs de gangs détenaient une quarantaine d’otages. Les autorités lient ces mutineries à une tentative de pression visant à obtenir le transfert d’un dirigeant notoire du gang Barrio 18, surnommé « El Lobo ». Celui-ci a été présenté à la télévision, appréhendé et portant des traces de sang, entouré d’agents lourdement armés.

Face à la montée des tensions, les autorités ont recommandé à la population de limiter ses déplacements. Les établissements scolaires privés ont suspendu leurs cours, tandis que l’ambassade des États-Unis a émis une alerte de sécurité à destination de ses ressortissants. Dans les rues de la capitale, l’inquiétude est palpable. Certains habitants expriment un soutien à des mesures encore plus fermes, évoquant parfois l’exemple de la politique de « guerre contre les gangs » menée au Salvador voisin.

Cette crise intervient dans un contexte de forte pression des groupes criminels organisés, dont le Barrio 18 et le MS-13, que Washington classe comme organisations terroristes. Elle soulève des interrogations sur l’efficacité des stratégies de sécurité et sur les équilibres à trouver entre la fermeté et le respect des garanties démocratiques.

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