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Deux policiers face à la justice pour des violences filmées et un procès-verbal falsifié

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_**La cour correctionnelle de Bobigny a examiné, jeudi, le dossier de deux fonctionnaires de police poursuivis pour des faits survenus en 2021. Le parquet a requis des peines de prison avec sursis et une interdiction d’exercer.**_

L’audience a porté sur des événements survenus le soir du 17 septembre 2021 à Noisy-le-Grand. Deux gardiens de la paix, Raphaël L. et Anthony C., étaient jugés pour des violences aggravées commises à l’encontre d’un jeune homme, Aboubacar S., alors âgé de 22 ans. Les débats ont notamment mis en lumière l’existence d’une vidéo amateur et d’enregistrements de vidéosurveillance municipale, qui ont contredit la version initialement consignée par les forces de l’ordre.

Selon l’accusation, les deux policiers ont conduit l’individu sous un porche, à l’écart des regards, avant de le frapper. Les coups auraient cessé uniquement après qu’un des fonctionnaires ait alerté ses collègues de la présence d’une caméra. Le procureur a souligné que le procès-verbal d’interpellation, rédigé par Raphaël L., présentait une version des faits « altérée » et ne correspondant pas aux images disponibles. Ce document imputait à la victime d’être à l’origine des violences.

Les investigations menées par le service interne de la police ont établi, après examen des séquences vidéo, qu’aucune menace envers les agents n’était perceptible avant le début de l’altercation et que les premiers actes de violence émanaient des policiers. Le rapport dénombre une dizaine de coups de matraque portés par Raphaël L. ainsi que des coups de pied et de poing assénés par son collègue, Anthony C., alors que la victime se trouvait au sol.

À la barre, Anthony C., aujourd’hui reconverti dans la sûreté, a reconnu avoir frappé l’individu. Raphaël L., en revanche, a maintenu que l’usage de la force était, selon lui, légitime dans ce contexte. Il a expliqué avoir infligé des coups de bâton télescopique dans le but de faciliter le menottage, une justification qui a suscité des interrogations de la part du président du tribunal.

L’avocat de la partie civile, représentant Aboubacar S., a soutenu que l’interpellation relevait davantage d’un « acte de vengeance » que d’une procédure régulière. La défense de Raphaël L. a rejeté cette analyse, qualifiée de « politique », et a plaidé pour la relaxe, évoquant une intervention qui aurait mal tourné.

Le ministère public a requis à l’encontre des deux prévenus une peine de six mois d’emprisonnement avec sursis. Pour Raphaël L., la procureure a également demandé une interdiction d’exercer la fonction de policier pendant une durée de deux ans. La décision du tribunal a été mise en délibéré au 2 avril prochain.

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