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Économie

Des ovins sous les panneaux, une symbiose qui transforme l’agriculture australienne

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En Australie, des éleveurs associent avec succès production ovine et centrales photovoltaïques. Cette pratique, qui améliore la rentabilité des terres et la qualité de la laine, dessine un modèle agricole innovant où énergie et élevage se renforcent mutuellement.

Dans les vastes étendues de la Nouvelle-Galles du Sud, un paysage singulier se dessine. Sous les alignements de panneaux solaires, des troupeaux de moutons paissent tranquillement. Cette cohabitation, loin d’être anecdotique, représente une évolution majeure dans la gestion des terres agricoles. Pour les propriétaires de ces exploitations, l’arrivée de centrales photovoltaïques a constitué une opportunité économique inédite, offrant une source de revenus stable et complémentaire à l’activité pastorale traditionnelle.

Les bénéfices de cette association dépassent largement le simple loyer perçu par les agriculteurs. Les animaux trouvent sous les structures un microclimat favorable, notamment une ombre appréciable lors des fortes chaleurs. L’herbe, préservée d’un ensoleillement excessif, reste plus verte et plus tendace plus longtemps. Cette constance dans la pâture se traduit par une amélioration notable de la qualité de la laine produite, plus homogène et plus propre. Des études comparatives menées sur place confirment une augmentation significative des recettes issues de l’élevage pour les bêtes évoluant sous les installations.

Pour les exploitants des centrales solaires, la présence des ovins résout une problématique opérationnelle cruciale. Les animaux assurent naturellement et gratuitement l’entretien de la végétation, limitant ainsi la nécessité de fauchages mécaniques coûteux et répétitifs. Cette gestion pastorale contribue également à réduire les risques d’incendie, un impératif dans des régions régulièrement confrontées à des épisodes de sécheresse intense. Le modèle, initialement testé sur une exploitation pionnière, est désormais systématiquement déployé par les principaux acteurs du secteur.

La dynamique semble appelée à s’étendre au-delà du simple pâturage. Des projets pilotes explorent déjà la combinaison de panneaux photovoltaïques avec d’autres cultures, comme la viticulture. Les premières observations suggèrent que l’ombrage partiel n’affecterait pas négativement le développement des plantes, ouvrant la voie à une diversification des pratiques agrivoltaïques. Cette convergence entre production alimentaire et énergétique est perçue comme une nécessité pour optimiser l’usage des sols.

Les perspectives économiques associées à ce double usage sont considérables. Selon les estimations des organismes professionnels, les revenus supplémentaires générés pour le monde agricole pourraient atteindre plusieurs milliards d’euros dans les décennies à venir. En fusionnant patrimoine pastoral et transition énergétique, l’Australie invente ainsi une forme d’agriculture résiliente, où l’élevage et les énergies renouvelables prospèrent de concert.

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