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Des mois après les incendies, l’insidieuse contamination des habitations californiennes

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Des résidents de la région de Los Angeles découvrent, plusieurs mois après les feux de janvier, que leurs maisons épargnées par les flammes sont désormais imprégnées de substances toxiques. Un péril invisible qui complique considérablement leur retour et suscite de vives tensions avec les compagnies d’assurance.

L’euphorie d’avoir vu sa propriété miraculeusement préservée a cédé la place à une amère désillusion pour de nombreux habitants. Karen Girard, une designer de 58 ans vivant à Altadena, ne peut plus séjourner dans sa demeure sans porter un masque de protection. Les analyses ont révélé que les murs, les sols et les meubles étaient saturés d’un mélange nocif de métaux lourds – plomb, arsenic, zinc – et de composés organiques volatils comme le cyanure ou le furfural, certains étant reconnus comme cancérigènes. Asthmatique, elle subit des crises aggravées à chaque visite prolongée, au point que son traitement médical a dû être modifié.

Cet empoisonnement domestique résulte de la combustion de milliers de bâtiments, véhicules et objets manufacturés lors des incendies. Les vents violents ont propagé des fumées chargées de particules ultrafines, capables de s’infiltrer dans les interstices des habitations pourtant éloignées des foyers initiaux. Selon les experts, la nature urbaine de ces feux a généré une toxicité particulièrement complexe et préoccupante. Des études menées par des universitaires ont détecté du chrome hexavalent, une substance cancérigène, à des concentrations alarmantes jusqu’à dix kilomètres des zones directement ravagées.

Le processus de décontamination s’annonce toutefois semé d’embûches. Les résidents se heurtent à l’absence de protocoles standardisés et à des interprétations divergentes entre experts. Tandis que certains préconisent des travaux lourds – remplacement des meubles, reconstruction partielle –, d’estiment qu’un nettoyage approfondi suffirait. Cette incertitude alimente des conflits épineux avec les assureurs, accusés de minimiser les risques sanitaires pour limiter les indemnisations.

Des voix s’élèvent pour dénoncer l’opacité des critères appliqués par les compagnies. Une cartographie établie par une association locale recense plus de deux cents habitations présentant divers degrés de pollution, sans que des solutions homogènes ne soient proposées. Certains sinistrés, à l’instar de Priscilla Muñoz à Pasadena, ont dû financer eux-mêmes les diagnostics, révélant la présence de plomb, et redoutent désormais pour la santé de leurs enfants. Face à cette situation, les autorités californiennes ont mis en place une cellule de travail chargée d’encadrer les obligations des assureurs, mais les délais s’allongent, laissant les habitants dans un provisoire anxiogène.

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