Nous rejoindre sur les réseaux

News

Des mallettes pour libérer les salles de classe des smartphones

Article

le

Dans un lycée professionnel du Val-d’Oise, une expérience simple a transformé le quotidien des cours. Le dépôt obligatoire des téléphones dans des pochettes individuelles a apaisé les esprits et redonné de la clarté aux apprentissages.

L’atmosphère est calme lorsque les élèves de terminale prennent place. Le rituel est désormais établi. À l’entrée en classe, chacun glisse son téléphone portable dans un emplacement numéroté d’une mallette souple que l’enseignante fait circuler. L’objet du quotidien, source de distractions et parfois de tensions, est mis de côté pour la durée de la séance. Cette pratique, initiée l’an dernier dans cet établissement accueillant six cents élèves, est devenue la règle.

Les effets sont tangibles. Les enseignants observent une nette amélioration de la concentration et une diminution des incidents liés à l’usage des appareils en classe. Les conflits nés de films clandestins ou de tentatives de triche se sont raréfiés. Pour les adolescents, souvent très connectés en dehors des cours, cette parenthèse forcée est d’abord vécue comme une contrainte avant de se révéler bénéfique. Plusieurs élèves témoignent d’une progression sensible dans leurs résultats scolaires, attribuant cette évolution à une attention désormais entièrement tournée vers le tableau et les explications du professeur.

Le dispositif, soutenu financièrement par la région dans le cadre d’une opération « Zéro portable en cours », ne s’applique qu’aux salles de classe. Les élèves récupèrent leur appareil à la fin de chaque heure et peuvent l’utiliser dans les couloirs ou la cour. Cette limitation spatiale et temporelle semble être la clé de son acceptation. Une interdiction totale dans l’enceinte du lycée, mesure parfois évoquée au niveau national, paraît en revanche difficilement applicable selon la direction. Elle soulève des questions logistiques complexes, comme la gestion de centaines de casiers individuels, et pourrait, craignent certains enseignants, décourager la fréquentation d’élèves déjà fragiles.

Au-delà de la règle, l’enjeu demeure éducatif. Les équipes pédagogiques sont conscientes que le défi principal se situe en dehors des murs de l’école. Le travail de prévention sur les usages numériques doit se poursuivre, alors que de nombreux adolescents reconnaissent passer plus de dix heures par jour sur les écrans une fois rentrés chez eux. La mallette en classe n’est qu’un outil pour créer un sas de déconnexion, un temps préservé dédié aux savoirs.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus