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Des fonctionnaires américains contraints à l’aide alimentaire

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Alors que le blocage budgétaire se prolonge aux États-Unis, des centaines d’agents fédéraux privés de salaire doivent recourir à des distributions de nourriture pour subvenir à leurs besoins essentiels.

Dans la banlieue de Washington, des files d’attente inhabituelles se forment devant les points de distribution alimentaire. Diane Miller, septuagénaire et fonctionnaire depuis cinquante ans, montre sa carte professionnelle avant de recevoir deux cartons de provisions. « Sans ça, comment ferais-je pour manger ? » interroge-t-elle, le regard empreint d’amertume. Comme elle, des centaines d’agents fédéraux, privés de revenus depuis le début du shutdown budgétaire le 1er octobre, dépendent désormais de cette aide pour se nourrir.

Le mécanisme est implacable. En l’absence d’accord entre républicains et démocrates sur le budget fédéral, la majorité des fonctionnaires ont été placés en chômage technique. Leurs bulletins de salaire affichent désormais un solde nul. Dave Silbert, responsable d’une banque alimentaire partenaire de l’opération, constate amèrement que des personnes qui menaient une vie normale il y a quinze jours doivent aujourd’hui faire la queue pour recevoir des denrées.

L’impact sur le quotidien est immédiat. Adrian, qui préfère garder l’anonymat par crainte de représailles, évoque des difficultés croissantes pour honorer ses prêts bancaires et régler ses factures courantes. Après trente-trois années de service public, il estime anormal de devoir compter sur l’assistance alimentaire. Le sentiment d’injustice est renforcé par le maintien des rémunérations des élus au Congrès.

La situation affecte particulièrement les employés des agences fédérales dont les effectifs ont été réduits par les réformes administratives. Diane Miller, qui travaille pour l’agence de gestion des crises, déplore que les fonctionnaires soient désormais perçus comme des adversaires alors qu’ils accomplissent simplement leur mission.

Avec vingt-deux jours de blocage, cette paralysie institutionnelle devient la deuxième plus longue de l’histoire du pays. L’incertitude pèse lourdement sur les ménages concernés. Amber, employée des ressources humaines de l’armée, redoute une prolongation de la crise. En plein divorce et sans revenu, elle a dû emprunter pour payer son loyer et assurer la subsistance de ses deux enfants.

Les perspectives à court terme inquiètent. Diane Miller craint que la situation ne devienne catastrophique si le blocage persiste jusqu’aux fêtes de Thanksgiving, puis durant l’hiver. Pour cette fonctionnaire chevronnée, la détresse matérielle s’accompagne d’une profonde désillusion. « Aujourd’hui, je suis triste d’être Américaine », confie-t-elle, résumant le désarroi d’une profession entière.

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