Monde
Des experts de l’ONU exigent une enquête internationale après la mort de trois journalistes libanais
Des rapporteurs spéciaux des Nations unies ont vivement critiqué les autorités israéliennes, estimant qu’elles n’ont pas apporté de preuves convaincantes pour justifier la frappe meurtrière qui a coûté la vie à trois professionnels des médias.
Des experts indépendants des Nations unies ont lancé un appel pressant pour l’ouverture d’une enquête internationale sur les circonstances ayant conduit à la mort de trois journalistes libanais. Ces derniers ont perdu la vie fin mars dans le sud du Liban, lors d’une attaque aérienne attribuée à l’armée israélienne. Les rapporteurs spéciaux ont contesté les justifications avancées par Tel-Aviv, les jugeant insuffisamment étayées.
Dans un communiqué rendu public, ces experts ont dénoncé une pratique qu’ils qualifient de récurrente et préoccupante. Ils accusent les forces israéliennes de prendre régulièrement pour cible des journalistes avant d’émettre, a posteriori, des allégations les associant à des factions armées, et ce sans présenter d’éléments probants. Les trois victimes, une journaliste, son frère caméraman et un correspondant travaillant pour des médias considérés comme proches du Hezbollah, circulaient en voiture dans la région de Jezzine au moment de l’incident.
L’armée israélienne avait pour sa part affirmé que l’un des journalistes était un membre actif d’une unité d’élite du Hezbollah, agissant sous une couverture médiatique. Elle avait également qualifié un autre des défunts de terroriste appartenant à la branche militaire du mouvement. Les experts onusiens ont rejeté ces accusations, soulignant que la seule pièce présentée par Israël semblait être une photographie retouchée, un fait qui, selon eux, témoigne d’un mépris des règles internationales.
Ils rappellent par ailleurs qu’exercer la profession de journaliste pour un organe de presse lié à un groupe armé ne saurait, en vertu du droit international humanitaire, être assimilé à une participation directe aux hostilités. Les rapporteurs estiment que les autorités israéliennes sont conscientes de cette distinction mais choisissent de l’ignorer, bénéficiant selon eux d’une forme d’impunité pour des faits similaires survenus par le passé au Liban, à Gaza et en Cisjordanie. Ils ont exhorté le gouvernement libanais à préserver les éléments de preuve en vue d’une investigation internationale indépendante.
Le conflit entre Israël et le Hezbollah, qui a connu une accalmie relative à la fin de l’année 2024, a été particulièrement meurtrier pour la profession journalistique. Selon des données compilées par des organisations de défense de la presse, au moins onze journalistes et professionnels des médias libanais ont été tués par des frappes israéliennes depuis la reprise des hostilités. Parallèlement, le conflit à Gaza a entraîné la mort de plus de deux cents journalistes et travailleurs des médias palestiniens.
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