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Dans l’Arizona, les Navajo attendent toujours l’électricité

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Alors que les températures battent des records, des milliers de foyers amérindiens vivent encore sans climatisation, dans des conditions de plus en plus difficiles.

Sous un soleil de plomb, à quelques kilomètres seulement du Grand Canyon, des équipes s’affairent pour installer des poteaux électriques dans les terres arides de la réserve Navajo. Pour Christine Shorty, une habitante de Tonalea, ce chantier marque la fin d’une attente interminable. À 70 ans, elle va enfin pouvoir bénéficier d’un raccordement au réseau, une avancée qui lui permettra d’allumer un ventilateur ou un climatiseur lors des étés caniculaires.

Dans cette région isolée de l’Arizona, plus de 10 000 familles vivent encore sans électricité, un contraste frappant avec le reste des États-Unis. Les températures, qui dépassent régulièrement les 40 degrés, rendent ces conditions d’autant plus critiques. Les ressources en eau se raréfient, les lacs saisonniers s’assèchent, et le bétail peine à survivre.

Pour pallier ce retard, les autorités locales ont lancé en 2019 le projet « Light Up Navajo », en partenariat avec des entreprises électriques venues de tout le pays. Grâce à ce programme, près de 5 000 foyers ont été raccordés, mais des milliers d’autres restent dans l’attente. « Cette région a été longtemps négligée », souligne une responsable de la Navajo Tribal Utility Authority.

Elbert Yazzie, 54 ans, fait partie des rares bénéficiaires récents. Atteint de diabète, il souffrait particulièrement de la chaleur étouffante qui régnait dans sa caravane. Depuis qu’il a accès à l’électricité, il a bricolé un système de refroidissement à eau, améliorant considérablement son quotidien.

Pourtant, pour beaucoup, l’espoir reste lointain. Gilberta Cortes, mère de famille, se méfie des promesses. Un poteau a bien été installé devant chez elle, mais elle a trop souvent entendu que le courant arriverait « bientôt ». « Mes parents attendaient déjà il y a vingt ans », confie-t-elle, désabusée.

Sans un soutien accru des autorités fédérales, l’électrification complète de la réserve pourrait prendre encore deux décennies. Un délai inacceptable pour des communautés qui subissent de plein fouet les effets du réchauffement climatique.

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