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Crise institutionnelle en Israël sur fond de responsabilités du 7 octobre

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_**Le Premier ministre Benjamin Netanyahu est accusé de bloquer toute enquête indépendante sur les défaillances sécuritaires de 2023, tandis que l’armée affiche sa volonté de transparence, creusant un fossé avec le pouvoir exécutif.**_

Une tension inhabituelle oppose le gouvernement israélien et son état-major militaire concernant l’examen des circonstances ayant conduit aux événements du 7 octobre 2023. Le chef d’état-major, le général Eyal Zamir, a publiquement plaidé pour une investigation systémique et indépendante, au moment même où le Premier ministre rejetait cette option devant les députés, la qualifiant d’instrument politique. Cette divergence intervient alors que l’armée a procédé à plusieurs limogeages de hauts responsables suite à un rapport interne, une démarche que le ministre de la Défense Israël Katz a immédiatement soumise à réexamen.

L’initiative du général Zamir, ancien conseiller militaire de M. Netanyahu, a été perçue comme une forme de défiance par les observateurs politiques. Le ministre de la Défense, décrit comme un fidèle du chef du gouvernement, a vu sa décision contestée par l’état-major, qui a rappelé que l’institution militaire était la seule à avoir assumé ses responsabilités via des enquêtes internes approfondies. Le général a insisté sur la nécessité d’une commission extérieure et impartiale, capable d’évaluer également le rôle des autorités politiques.

Plus des deux tiers de la population réclament la création d’une commission nationale d’enquête, une revendication soutenue par des manifestations hebdomadaires rassemblant des milliers de citoyens. Le gouvernement a proposé mi-novembre une structure d’enquête dite indépendante, mais dont les membres seraient désignés par l’exécutif, une solution jugée insuffisante par les contestataires et une partie de la classe politique.

Les précédents historiques, notamment la démission de Golda Meir en 1974 après la commission Agranat, rappellent le poids de ces investigations dans la vie politique israélienne. Les analystes estiment que M. Netanyahu, au pouvoir depuis près de deux décennies, craint qu’une telle démarche n’entraîne sa chute, d’autant qu’il a annoncé sa candidature aux prochaines élections. L’opposition et de nombreux experts soulignent que le refus persistant de toute autocritique de la part du Premier ministre alimente une défiance croissante au sein de la société israélienne.

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