Monde
Choc aux États-Unis : la Cour suprême autorise des commerces à refuser la clientèle LGBTQ+


La juridiction dominée par des magistrats conservateurs a jugé qu’une créatrice de sites Web pouvait refuser ses prestations à un couple homosexuel, au nom de sa foi chrétienne. La liberté d’expression l’emporte sur la non-discrimination.
Dans un verdict qui a provoqué de vives réactions aux États-Unis, la Cour suprême a décidé vendredi 30 juin de protéger la liberté d’expression, permettant à des commerces de refuser la clientèle LGBTQ+. Cette décision a été prise en soutien à Lorie Smith, une entrepreneuse web du Colorado, qui refusait de fournir ses services aux couples de même sexe en raison de ses convictions religieuses.
La Cour suprême a ainsi statué que les entreprises dont les services possèdent un caractère créatif peuvent refuser de travailler pour certaines clientèles si cela va à l’encontre de leurs valeurs morales ou religieuses.
Cette plainte initiale de Lorie Smith visait la loi du Colorado, qui depuis 2008, pénalise la discrimination basée sur l’orientation sexuelle. Smith a soutenu que cette loi allait à l’encontre de ses croyances chrétiennes et la forçait à « véhiculer un message » qu’elle trouvait incompatible avec ses convictions. Elle a déclaré : « Je veux créer des sites uniques pour célébrer la beauté du mariage entre un homme et une femme ».
La question de la liberté d’expression a joué un rôle majeur dans cette affaire. Lorie Smith a fait appel au premier amendement de la Constitution, qui garantit cette liberté, pour soutenir son argument. Sa cause a été soutenue par la Cour suprême, qui a voté à six voix contre trois en sa faveur.
La décision de la Cour a provoqué des réactions contrastées à travers le pays. Pour la frange conservatrice, cette décision est une victoire pour la liberté d’expression. Cependant, les progressistes et les défenseurs des droits LGBTQ+ la perçoivent comme un grave pas en arrière. Sarah Kate Ellis, présidente de GLAAD, une association de défense de la communauté queer, a déclaré que cette décision « va faire du mal et stigmatiser les familles LGBT+ ». Elle a ajouté que c’est un nouvel exemple d’une Cour qui est déconnectée de la grande majorité des Américains.
En dépit des critiques, certains voient dans cette décision une défense nécessaire de la liberté d’expression. Kristen Waggoner, conseillère générale de l’association chrétienne et conservatrice Alliance Defending Freedom, a déclaré que « la Cour suprême des États-Unis a réaffirmé à juste titre que le gouvernement ne peut pas forcer les Américains à dire des choses qu’ils ne croient pas ».
Cette décision pourrait marquer un tournant dans la façon dont les libertés d’expression et religieuse sont interprétées et appliquées aux États-Unis. Alors que les répercussions à long terme restent à voir, le débat sur l’équilibre entre la liberté d’expression et la lutte contre la discrimination promet de s’intensifier.





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